AUJOURD'HUI

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PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

Commentaires !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Travail domestique

 

La plupart des personnes ne considèrent pas la reproduction humaine comme un travail La procréation, activité indispensable pour l'espèce humaine, demande une dépense d'énergie mesurable. Il demande aussi du temps (ex. une tétée, 7 à 8 fois par jour, de 15 à 30 minutes). Cette énergie et ce temps est bien là pour créer un produit extérieur, un nouvel être et n'est pas indispensable pour la survie de l'individu procréateur.

Si on se réfère à la définition du travail de Marx : « un procès qui se passe entre l'homme et la nature ; dans ce procès, l'homme « met en mouvement les forces naturelles de sa personne physique, ses bras et ses jambes, sa tête et ses mains, pour s'approprier la matière naturelle sous une forme utile à sa propre vie. Mais en agissant sur la nature extérieure et en la modifiant par ce mouvement il modifie aussi sa propre nature ». La gestion de la procréation transforme la procréation, d'activité naturelle qu'elle était, en travail.

 

 

Subordonnées à leur mari et à l’espace domestique, représentées comme assujetties à la maternité et à la famille, le travail des femmes est socialement pensé comme illégitime ou, à l’extrême rigueur, contraint.

Ainsi, il est important de noter que le travail domestique ne renvoie pas simplement à l’accomplissement de toute une série de « tâches » (plus ou moins ingrates et répétitives selon le cas). Ce travail implique également des capacités de « management », de gestion et de synchronisation du travail à effectuer en fonction des besoins et des rythmes temporels spécifiques à chaque membre du foyer. Il est effectivement possible de « mesurer » avec plus ou moins de précision le temps consacré aux différentes tâches domestiques, la « charge mentale » que représentent la gestion et l’harmonisation de ces tâches dans le temps et dans l’espace échappe très largement à l’analyse scientifique. Or, au-delà de la question d’un « partage » éventuel plus égalitaire du travail domestique entre les hommes et les femmes, c’est cette « charge mentale » qui continue de peser presque exclusivement sur les femmes.

 

En effet, en l'absence d'une remise en question simultanée de la division sexuelle du travail salarié et du travail domestique, on est tenté d’analyser la division sexuelle du marché de l’emploi uniquement en fonction du poids des charges domestiques et familiales qui pèsent de manière inégalitaire sur les femmes. Celles-ci seraient ainsi moins performantes sur le marché de l’emploi (en termes de qualifications, de promotions, de salaires, etc.) parce qu’elles seraient ralenties dans leurs carrières par le poids de leurs responsabilités domestiques et familiales. Or, une telle approche revient à « naturaliser » la division sexuelle du travail domestique. Elle prend la division sexuelle du travail domestique comme donnée, comme quelque chose qui serait inscrit dans les caractéristiques génétiques, physiologiques ou psychiques des hommes et des femmes

 

Le noyau dur de la production domestique se constitue des courses, de la cuisine, de la vaisselle, du linge, des soins matériels aux enfants...

 

La répartition du pouvoir dans le couple

 En effet, le partage des tâches domestiques dépend aussi des rapports de force entre conjoints. Consciemment ou non, ceux-ci négocient entre eux les modalités de leur interaction. Selon la théorie des « ressources », plus un partenaire possède des atouts culturels ou économiques dans son jeu, plus il pourra imposer son avantage. Sans revenir sur l’implication relative des conjoints en fonction de leur activité professionnelle qui pourrait aussi s’interpréter selon cette théorie, le rapport relatif des capitaux culturels de chacun semble bien jouer un rôle sur le partage des tâches domestiques, toutes choses égales par ailleurs.

 

 

Un changement fondamental semble ainsi se produire dans les générations masculines récentes, fils des femmes de la génération féministe, qui s’occupent davantage des bébés à la fois pour avoir vu travailler leur mère, et pour avoir compris l’importance décisive des premières années dans l’éducation.

Par ailleurs, le montant total des revenus monétaires du couple ne semple pas jouer systématiquement sur les temps de travail domestique, soit de l’homme soit de la femme. Le seul effet significatif trouvé, concerne les femmes travaillant à temps partiel, pour lesquelles le temps de travail domestique décroît fortement à mesure que le revenu du ménage s’accroît, comme si les arbitrages effectués pour décider de travailler à temps partiel avaient bien pris en compte d’autres paramètres comme le temps de travail domestique et les substituts marchands.

 

De plus, d’autres conséquences du temps partiel sont à considérer.

Si du fait de l’entrée massive et irréversible des femmes dans le salariat, une « nouvelle » répartition des tâches entre conjoints avait semblé nécessaire, force est de constater que ce partage laisse entrevoir une inégalité sexuelle marquée que ce soit quantitativement -les femmes effectuant toujours la majeure partie de ces tâches- ou qualitativement -les hommes prennes uniquement en charge certaines tâches domestiques. Or le processus de partage du travail salarié, en particulier par le biais de la pratique du travail à temps partiel, ne fait qu’accentuer l’inégalité du partage dans la sphère domestique. Car, comme des études l’ont montré, la pratique du travail à temps partiel entraîne immédiatement la réversibilité de la participation masculine au travail domestique et le retour à un schéma classique de répartition des tâches entre conjoints. Ce recentrage de l’existence des femmes vers la sphère domestique conduit bien entendu à un renforcement de la division sexuelle du travail, la plus traditionnelle qui soit. On a donc affaire à un cercle vicieux : l’assignation prioritaire des femmes à la sphère domestique les oblige à travailler à temps partiel et le fait d’être à temps partiel les renvoie en toute logique dans la sphère domestique. On perçoit ici tout l’intérêt de ne pas s’interroger sur le caractère sexué du partage du travail car cela permet de faire perdurer et de renforcer la structure de relégation des femmes dans le champ domestique.

 

Couples et travail domestique

Temps moyens consacré aux activités domestiques par les personnes vivant en couple

En Euros

En minutes par jour

 

Hommes

Femmes

1986

1999

1986

1999

Activités à dominante féminine (1)

Couture

Entretien du linge

Ménage

Soins aux enfants et aux adultes

Cuisine

Vaisselle

Total

 

0

2

9

6

14

10

41

 

0

2

11

7

14

8

42

 

18

37

57

34

75

39

260

 

9

28

67

28

69

28

229

Activités mixtes (1)

Jeux d’éducation des enfants

Courses

Soins aux animaux domestiques

Comptes et démarches

Total

 

5

18

6

6

35

 

6

27

7

7

47

 

9

28

4

4

45

 

10

37

5

5

57

Activités à dominante masculine (1)

Entretient et divers

Jardinage

Bricolage

Total

 

10

25

32

67

 

8

22

41

70

 

4

9

2

15

 

3

9

5

17

Ensemble

143

160

320

303

(1)Ont été considérés comme activités « féminines » ou « masculine » celles dont la réalisation est assurée à plus de 60 % par des femmes ou des hommes ; celles auxquels les deux sexes participent avec une intensité sensiblement égale ont été qualifiés de « mixtes »

Champ : ensemble des individus de 15 ans ou plus vivant en couple

 

Par ailleurs, si le volume du travail domestique masculin ne dépend pas de l’âge de l’homme, le travail domestique féminin est d’autant plus faible que la femme est jeune (de 40 minutes à plus d’une heure de plus pour les femmes de plus de 45 ans par rapport à celles de moins de 30 ans, toutes choses égales par ailleurs).

Ainsi sous l’hypothèse d’un effet d’âge qui impliquerait que la production domestique irait plutôt en s’accroissant avec l’âge (et une certaine introversion vers l’univers domestique) pour les deux sexes, la constance des coefficients de l’âge pour les hommes conduirait à un effet de génération positif (le partage des tâches étant un peu plus égalitaire chez les jeunes générations) et la croissance des coefficients féminins signifierait une constance ou un certain désengagement des femmes de générations plus récentes de l’univers domestique.

 

La longue marche vers un certain rééquilibrage entre hommes et femmes

 Sur trente ans, il semble que le travail domestique des hommes actifs tend à croître alors que celui des femmes diminue plutôt (il reste stable pour les actives, mais décroît pour les inactives).

Mais dans la sphère domestique, les enquêtes sur les emplois du temps vont toutes dans le même sens : les femmes prennent en charge les tâches les plus répétitives et les moins valorisées (lessive, cuisine au quotidien, ménage, etc.), alors que les hommes s’investissent dans les tâches plus proches du loisir (bricolage et jardinage). Mais, surtout, elles montrent que le partage n’évolue que très lentement.

Les hommes participent au travail domestique dans des contextes bien définis : lorsque c'est urgent, pour aider la conjointe. Ils vont faire surtout les tâches visibles (pelletage, poubelles, pelouse, sortir les enfants au parc, menuiserie, peinture).

 

 

D’autre part, la participation plus importante des femmes à l’activité professionnelle et le désengagement relatif des hommes dû au fait que l’activité professionnelle s’est concentrée entre 25 et 55 ans ont des effets importants sur l’évaluation macroéconomique de la production domestique Selon un premier calcul, ces effets se compensent, mais la part des hommes (actifs moins longtemps sur le cycle de vie, donc plus productifs à la maison) s’accroît alors que celle des femmes (plus souvent actives...) se réduit. Tant en termes de comportement que de structure, on assisterait à un léger rééquilibrage de la charge de production domestique entre hommes et femmes.

 

En outre, la Réduction du Temps de Travail aboutirait alors pour les hommes à une diversification des activités hors travail liées à l'accomplissement de soi alors qu'elle donnerait aux femmes l'occasion de mieux remplir leur fonction maternelle et évacuerait implicitement la question du temps pour soi pour les femmes. Ce débat est brouillé par le fait que les femmes vivent souvent comme une frustration et avec beaucoup de culpabilité le fait qu'elles ne « consacrent pas assez de temps » à leurs enfants du fait de leur activité professionnelle, et ce d'autant plus qu'elles ont un travail pénible et non gratifiant.

 

Par ailleurs, en ce qui concerne la politique, peu a été fait pour réduire la charge de la double journée (professionnelle et domestique) de la grande majorité des femmes, l’une des raisons de leur faible investissement dans la sphère politique.

Des mesures spécifiques adoptées ces dernières années, notamment par les gouvernements Bérégovoy et Balladur, favorisent de même la création de petit « boulots » à temps partiel. Voici par exemple comment une circulaire ministérielle (celle du 31 décembre 1991) justifie le développement de la domesticité :

« Les emplois familiaux, au domicile des ménages, sont insuffisamment développés dans notre pays. Les besoins des familles liés à l’évolution des modes de vie sont multiples et croissants : tenue de la maison, garde d’enfants, aide ménagère, soutien scolaire, aide aux personnes âgées… »

L’emploi de personnel de maison par les ménages aisés peut même désormais être financé indirectement par l’Etat grâce aux mesures d’allégement d’impôts mises en place par le gouvernement Balladur. Il est possible dorénavant de réduire ses impôts (à hauteur de 45000 francs) de la moitié du montant des salaires versés aux employés de maison. Comme le note le SNUI (Syndicat National Unifié des Impôts) :

« Le paradoxe sera qu’un contribuable payant 45000F d’impôts et employant une femme de ménage au SMIC (90000F) ne paiera pas d’impôt, alors que son employée, si elle est célibataire (et si elle n’a ni autres sources de revenu ni charges) sera, elle, imposable »

 

De plus, les emplois de domestiques n’avaient cessé de reculer, notamment parmi les femmes, depuis plus de cinquante années au profit d’emplois salariés dans des entreprises du tertiaire. Le mouvement d’industrialisation après la Seconde Guerre mondiale et la tertiarisation croissante de l’économie avaient presque aboli ce type d’emplois.

 

Le travail domestique se référe à un « non partage du travail, ou l’inégale répartition de l’effort de travail », surtout dans la perspective de la problématique. « On se trouve devant quelque chose dont on ne voit pas bien comment on pourrait le partager puisque la notion même de temps mesurable n’a pas de sens dans le travail domestique dès lors que celui-ci se définit comme disponibilité permanente des femmes pour la famille »

 

La permanence de l’assignation du travail domestique aux femmes est le constat qui s’impose en dépit de changements rapides dans les rapports sociaux de sexe, surtout dès les années 1970, des modifications dans les formes familiales et de l’émergence de mouvements sociaux des hommes. Le temps du travail domestique structure le temps des femmes, la notion de temps libre ne peut pas avoir pour celles-ci le même sens que pour les hommes ; le caractère structurant du travail domestique est d’autant plus significatif que l’essor de l’activité professionnelle des femmes est de  plus en plus proche dans les modalités de celles des femmes.

 

Le temps domestique des femmes n’est pas contrôlé comme le temps industrielle classique sous forme d’un découpage et d’un suivi de minutes, d’heures de travail. Il est contrôlé par le système d’obligation dans lequel les femmes sont insérées et qu’elles-mêmes intériorisent.

 

Le temps de travail domestique échappe à la mesure qu’il n’est pas borné, limité à un nombre d’heures donné. Cette malléabilité du temps domestique, correspondant au fait que son exécution ne passe pas par la forme « industrielle » d’un temps prescrit et directement contrôlé, est aussi ce qui fonde son extensivité et rend très difficile sa réduction.

 

 

De plus, le budget temps des femmes montre que « celles qui restent à la maison » s’activent au travail domestique quand même moins le week-end, alors que « celles qui travaillent » travaillent encore plus à la maison le week-end qu’en semaine. Quand aux hommes, leur participation au travail domestique augmente ... d’une minute hebdomadaire par an !

 

Le progrès technique au service de la domesticité.

 Il ne s’agit pas de nier que la diffusion des machines domestiques facilite les conditions de vie et libère les femmes d’un certain nombre de taches, mais d’autres activité domestiques sont venues les remplacer : entretient des appareils, trajet effectuées pour les enfants. Ce n’est pas l’activité professionnelle de la femme qui influence le mode de participation des hommes. Le travail domestique ne se définit pas, en effet, dans le cadres, des relation interindividuelles du ménage, il s’agit qu’une mise au travail des femmes comme groupe social : transferts de taches, les prises en charges se font entre les femmes du groupe familiale.

Malgré les progrès techniques dans le domaine du travail ménager (diffusion des machines à laver le linge, du chauffage central, des plats cuisinés, etc.), celui-ci représente toujours une somme d’heures de travail qui est supérieure au temps consacré à l’activité professionnelle. En fait, ce phénomène s’explique par la transformation constante des normes en matière d’activité domestique. Toute avancée dans la mécanisation des tâches domestiques les plus lourdes s’est généralement accompagnée d’une transformation concomitante des exigences sociales adressées aux « ménagères ». Ainsi, le temps « gagné » sur certains aspects du travail domestique est rapidement récupéré par de nouvelles responsabilités, notamment en ce qui concerne l’investissement des femmes dans le maintien d’une stabilité relationnelle et de la promotion d’un épanouissement affectif de chacun des membres du groupe familial.

Toutes les études récentes semblent montrer que le temps consacré respectivement par la femme et l’homme à la famille ne change guère. A cet égard, la division du travail reste inégalitaire. C’est essentiellement l’évolution des techniques qui explique la diminution du temps ménager féminin.

Les 45 minutes gagnées en un demi-siècle sont plutôt dues aux progrès techniques (aspirateur, lave linge, …) qu'à une nouvelle répartition des tâches, plus égalitaire… Entre 1986 et 1999, les femmes ayant une activité professionnelle n'ont réduit leur activité à la maison que de 7 minutes, et les hommes l'ont augmenté de 4 minutes

 

Un emploi du temps différent ??

Une journée moyenne des lycéen(ne) et étudiant(e)s en 1999

En heures et minutes par jour

Garçons

Filles

Temps physiologique

Dont : toilette, soins

12 h 03 min

38 min

12 h 22 min

53 min

Temps professionnel et d’études (1)

4 h 58 min

4 h 46 min

Transport

40 min

42 min

Temps libre

5 h 24 min

4 h 33 min

Temps domestique

Dont : ménage, cuisine, linges, courses, etc..,

soins aux enfants et aux adultes, bricolage

53 min

 

38 min

3 min

9 min

1 h 33 min

 

1 h 23 min

6 min

4 min

(1) la prise en compte des samedis et dimanches pour le calcul des moyennes rend surprenants les temps quotidiens. Multipliés par 7, ils sont plus conformes aux manières habituelles de calculer

 

 

         Ainsi, les femmes consacrent une grande partie de leur temps libre au travail domestique. En effet, elles exécutent 80% des tâches. Si le celui-ci a diminué c’est en grande partie grâce au progrès technique et non grâce à une meilleur répartition des tâches.