CHANGEMENTS

ACCUEIL

 

PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

Commentaires !

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARCHE VERS LA PARITE??

-Les difficultés du changement

 

      Les femmes ont subi de nombreuses discriminations, alors qu’elles voulaient obtenir leur indépendance, un travail, et être reconnu comme un être capable de produire. Mais de nombreuses difficultés ont retardé l’avancée des femmes dans la société.

 

 

      Les fondements de la société ainsi que les individus eux-mêmes refusent d’accorder à la femme un statut d’indépendance.

En 1906, 44,8 % des femmes sont actives.

La plupart forment une main d'oeuvre très exploitée. Leur situation heurte la conception dominante du rôle social de la femme. Épouse et mère avant tout, c'est sur elle que repose l'équilibre familial, voire celui de la société tout entière. Le travail salarié, par sa dureté et son caractère anti-naturel menace donc cet équilibre.

 

Par ailleurs, ouvrières et employées sont des concurrentes pour leurs homologues masculins. Philanthropes et socialistes souhaitent alors interdire ou limiter le travail des femmes. Sous le couvert d'arguments humanitaires, leur objectif est de dévaloriser le travail féminin pour privilégier l'emploi masculin et favoriser le retour au foyer des femmes.

Ces arguments humanitaires se développent ainsi pour retenir la femme dans sa maison : son admission au droit de cité ne va-t-elle pas faire courir un danger à la cohésion de la famille ? Ne va-t-elle pas délaisser l’intériorité du foyer, ce lieu privé qui lui est naturel (et que symbolisent dans tant de textes de l’époque, avec une grande monotonie, les travaux d’aiguille) pour aller, en participant aux lois, sur le lieu ouvert des affaires publiques ? Certains estimes que l’inégalité des deux sexes doit être maintenue au nom de l’utilité publique.

De plus, pour amplifier ces arguments, le journal ultramontain l’Univers, crée le 5 octobre 1833, a une politique très conservatrice et écrit : « Emanciper la femme, c’est l’arracher aux devoirs et aux occupations de son état et en faire l’émule et l’égal de l’homme dans les fonctions de la vie publique »

Là-dessus, le mouvement ouvrier n'a pas été formidable non plus, parce qu'il a été aussi extrêmement anti-féminin et antiféministe à ses débuts, notamment sous l'inspiration de Proudhon, et la revendication : " A travail égal, salaire égal " a mis du temps à être acceptée par les syndicats révolutionnaires, qui pouvaient voir dans le travail féminin une forme de concurrence; de plus les hommes ne souhaitaient pas démissionner du pouvoir domestique dont ils étaient finalement les détenteurs au sein de l'espace domestique ouvrier. Il y a eu une lutte au sein des foyers avec des répercussions importantes sur la vie des femmes et leur possibilité d'avoir des salaires dignes de ce nom.

 

En fait, on pourrait dire, pour caricaturer, que si on regarde historiquement ce qu'il en est de la valeur sociale, économique, monétaire, c'est-à-dire du salaire réel perçu quand on travaille, que l'on soit une femme ou un homme, on n'obtiendra pas des résultats équivalents parce que, là encore, les rapports de force entre les groupes ne sont pas équivalents et ne sont pas basés sur le mode de l'égalité. Traditionnellement pour les femmes, on ne reconnaît pas leur travail et, notamment, on n'a pas reconnu le travail domestique des femmes. Le fait de ne pas avoir reconnu le travail domestique des femmes comme un travail qui a une valeur marchande, qui a un sens social, le travail de production et de reproduction de la famille, c'est-à-dire les soins aux enfants, les tâches d'éducation, l'alimentation de la famille, etc., a des répercussions évidentes sur l'ensemble des relations entre les hommes et les femmes dans la société du travail.

Rapidement on a considéré que le travail des hommes était un travail qui méritait un salaire digne, car il était le chef de famille. Le modèle patriarcal, le modèle des relations qui existait à l'intérieur de la famille a eu des répercussions sur la façon dont on a conçu la rémunération de l'homme et de la femme. Le chef de famille travaille pour subvenir aux besoins de l'ensemble de la famille. Les femmes sont considérées comme ayant un salaire d'appoint, comme étant une force de travail supplémentaire. En conséquence, il n'est pas nécessaire de rétribuer cette force de travail puisqu'elle est un salaire d'appoint et qu'elle n'a pas vocation à s'établir comme une rémunération qui permettra à l'ensemble familial de se développer. Ce sont d'autres éléments d'explications sur la persistance des inégalités de salaires entre les hommes et les femmes.

Les femmes ne sont pas en dehors du travail, au contraire, elles y sont. Mais elles se rendent compte à cette occasion qu'elles ne sont pas reconnues pour leur talent, qu'elles ne sont pas reconnues pour leur compétence, en réponse à des stéréotypes et d'une domination dont elles sont victimes de manière historique.

 

Globalement, elles sont exclues des positions d'autorité et de commandement, tant il semble encore aujourd'hui évident pour tout le monde qu'"être femme et commander", "être femme et être en position de pouvoir", ce n'est ni naturel ni souhaitable.

Évidemment, les mêmes arguments que pour tous les autres métiers d’autorité reviennent : manque de patience, de sang froids, d’esprit d’équité, bref irritabilité et partialité ; en revanche, souplesse, tact et habileté peuvent plaider en leur faveur.

Par ailleurs, alors que les carrières masculines sont positivement corrélées avec le fait d’être marié et d’avoir des enfants, celles des femmes le sont négativement. La division sexuée des tâches à l’intérieur de la famille se révèle alors déterminante dans la répartition du pouvoir.

Les femmes subissent des formes de discriminations dans l’entreprise du fait d’une disponibilité professionnelle jugée insuffisante.

Elles ont, de plus souvent constitué une « armée de réserve » utilisable en cas de pénurie, rejetées vers des emplois déqualifiés en cas d’excédent de main d’œuvre.

 

 

Plus généralement, les transformations ne peuvent être que lentes, parce qu’elles touchent des éléments essentiels de l’organisation de nos sociétés. La situation dominée des femmes est le résultat d’un long processus d’intériorisation, souvent symbolique, qui les conduit à considérer comme légitime la domination masculine.

Les hommes, eux, cèdent difficilement un terrain que leur socialisation pousse à considérer comme naturellement conquis. De plus, si les femmes restent en retrait du pouvoir, c’est aussi, sans doute, parce que nombre d’entre elles refusent de jouer le jeu du modèle masculin de concurrence et l’investissement surdimensionné dans le travail, au détriment d’autres sphères de la vie.

 

 

Cependant, entre modèle et réalité de pratiques sociales, il peut y avoir un grand décalage et il incombe, en général, presque exclusivement aux femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle. Les problèmes d’articulations entre vie professionnelle et vie familiale restent donc spécifiquement féminins.

La sphère de la vie privée, comme la sphère du foyer domestique, contribue, non seulement par le maintien central du travail des femmes, mais aussi par le maintien du rapport de domination d’un sexe sur l’autre, à entretenir les conditions sociales et idéologiques de la production  « classiques » du travail... dans la sphère « publique » salariale. La sphère de la vie privée contribue à entretenir le principe de soumission au principe d’efficacité productive ce qui se concrétise, en particulier, dans les vertus qu’on attribue à la division du travail.

 

De plus la sélectivité accrue à laquelle sont confrontées les femmes entraîne sur le plan macro-économique une concentration de femmes désormais très nombreuses sur un nombre réduit d’emplois "féminins" ; ce qui entraîne un phénomène de concurrence, générateur de chômage et de dégradation des conditions d’emploi pour les femmes.

 

Les discriminations ont été fortes, enracinées, dans des registres diversifiés, touchant à tous les aspects de la vie en société. Les femmes ont plus d’un siècle de retard sur les hommes pour leurs droits civiques et largement plus pour leurs autres droits à la citoyenneté. De même, quand on a consenti à instruire les filles, c’est tout autant avec des décennies de retard sur leurs frères, et encore a-t-il fallu le choc des guerres, leur cortège de bouleversements démographiques et sociaux pour consentir des aménagements sur les différences les plus pénalisantes, en tout cas pour les filles des élites. Pour les autres, si on les instruit, c’est dans la discrimination la plus ferme, en les préparant à des métiers souvent à elles seules réservés. La condition sociale faite aux femmes et aux hommes a, durant des siècles, été construite dans des différences inventées et soutenues par des discriminations légales, validant la construction d’une hiérarchie de tous les instants et de tous les lieux.

 

L’industrialisation constitue un nouvel ordre économique et un nouveau domaine de travail pour les femmes aux XIXème et XXème siècles. Une des conséquences principales du processus d'industrialisation qui se développe, entre le XVIIIème et le XXème siècle, est la disparition de la famille comme unité de production, la séparation entre travail reproductif et productif et le déplacement du lieu de travail productif du foyer à l'atelier ou à l'usine. Le travail en échange d'un salaire, propre au nouveau système économique, n'a pourtant pas modifié au départ la traditionnelle participation au processus productif de tous les membres de la famille, adultes et enfants, hommes et femmes.

 

À la moitié du XIXème siècle, les arguments de base des auteurs de traités anglais (Adam Smith) et français (Jean Baptiste Say) se rejoignent sur le fait que:

a) Les salaires des hommes doivent être suffisants pour maintenir leur famille, ce qui valorise leur travail et permet à l'homme d'acquérir le statut de créateur de ressources dans la famille et de responsable, en dernier lieu, de la reproduction.

b) Les femmes sont principalement considérées comme des épouses dépendantes de leurs maris travailleurs; on les considère moins productives et comme une main d'oeuvre bon marché.

Ce discours est repris par les médecins, éducateurs et législateurs qui identifient la femme idéale à la maîtresse de maison, mère et éducatrice des enfants, très utile en temps d'expansion industrielle où les taux de natalité et mortalité infantile diminuent, les salaires des travailleurs augmentent et le modèle d'économie familiale de consommation s'établit peu à peu.

Tout au long du processus d'industrialisation, l'activité productive des femmes n'a pas connu une croissance similaire à celle des hommes, mais elle suit les mêmes variations malgré les différences nationales: élevée au début, dans la phase de transition entre économie domestique et industrielle; elle diminue dans les périodes d'expansion industrielle et augmente à nouveau lorsque le secteur tertiaire se développe.

L'industrie textile est le secteur d'activité qui a accueilli la majorité de la main d'oeuvre féminine du secteur secondaire, bénéficiant ainsi aux bas salaires des femmes.

Le nouvel ordre économique a immédiatement créé une ségrégation sexuelle dans le travail. Dans la plupart des cas, les femmes étaient assignées aux tâches reproductives et les hommes se chargeaient des activités productives. Ainsi, la nature même des activités et la rémunération étaient différentes selon les sexes. Au cours du XIXème siècle, les discours des réformateurs sociaux, médecins et législateurs identifiaient le travail féminin à certains emplois et à une main d'oeuvre peu chère. Les relations entre les sexes s'organisent, sanctionnant l'ordre social, qui acquiert ainsi forme et sens. Dans ce contexte, seules les situations de pénurie de main d'oeuvre masculine (les guerres par exemple) parviennent à bouleverser cette organisation de la société.

 

Sous une autre perspective, et plus récemment, la vie de travail a été marquée par les unes par une alternance d’emplois à temps partiels, de contrats d’intérim et de chômage, pour les autres, par une longue carrière passée chez un même patron comme opératrice de saisie, dactylo facturière, rédactrice en assurance ou secrétaire. Cette vie de travail est parfois jalonnée de pauses pour aider un mari qui se met à son compte. Elle est souvent brusquement interrompue par un licenciement qui oblige à tout remettre en cause. C’est l’ensemble des ces événements qui marque leur trajectoire d’emploi et concourt à les rejeter du marché du travail. Pourtant, aussi bien leur pratique de recherches d’emploi, les stratégies qu’elles mettent en œuvre pour trouver du travail et « organiser » leur vie, que ce qu’elles disent de leur « vie à la maison » indique qu’elles « persistent et signent » dans la construction d’une vie personnelle et familiale où le travail se présente comme une composante essentielle.

Les femmes ne peuvent pas, de ce fait, donner libre cours à leurs aspirations et une partie de leurs talents est gaspillé parce qu’elles ont à choisir leur profession parmi un échantillon restreint.

  

 

      De plus, l’Etat et les lois sont aussi défavorables aux droits des femmes car elles ne suffisent pas à bouleverser les mentalités.

Les premières années du XIXe siècle ont, dans divers registres, serré un étau législatif, qui n’a réellement relâché son emprise que dans le dernier quart du XXe siècle.

Mais, si les femmes mariées gagnent quelques émancipations en 1907, obtenant le droit de gérer le fruit de leur labeur, comment oublier que le statut égalitaire de la fonction publique de 1946 est bien mal appliqué jusqu’au milieu des années 1970, décennie qui voit aussi le vote des premières lois demandant la non-discrimination au travail.

 

Il faut dire que l’Etat recenseur collabore largement à l’organisation de l’invisibilité du travail des femmes.

Les politiques familiales développées incitent à l’inactivité professionnelle des mères de familles, voire simplement des femmes mariées.

En décembre 1945, une loi de finance institue le quotient familial et conjugal comme volet fiscal de la politique familiale : l’impôt est désormais calculé par foyer et non par actif, et sa progressivité pénalise le revenu des femmes qui travaillent ; par ailleurs le quotient familial établit l’épouse non active comme une personne à charge du chef de famille, quand sa présence au foyer donne justement droit à des prestations spécifiques, par ailleurs non imposables. On est bien là dans un mode d’intervention de l’Etat qui fait de la famille un phénomène social d’intérêt.

Quand la Constitution de 1946 énonce pour la femme des droits égaux à ceux de l’homme, le droit au travail y est objectivement inclus. Une loi est votée à la suite des travaux de la Commission nationale des salaires instituée à la Libération ; en février 1945, Alexandre Parodi, ministre du Travail, propose de ramener l’écart des salaires entre les hommes et les femmes à 10 % alors que les conventions collectives de 1936 les avaient légalisés entre 20 et 30 %.

Admettre l’égalité des sexes et la nécessité d’une éducation commune semblent impliquer que soit reconnu aux femmes le droit de participer à la vie politique, le droit à la citoyenneté.

 

Cependant, dans un premier temps, ce n’est que pour surveiller les ateliers employant des femmes et des adolescent-e-s que sont recrutées les inspectrices du travail. Le préfet de la Seine dit comment « il parait convenable à tous égards de confier à des femmes la surveillance des ateliers exclusivement occupés d’ouvrières ».

La France est célèbre pour la révolution de 1789 et ses principes d'égalité, liberté et fraternité. Pendant la révolution, le droit des femmes à la citoyenneté a été proclamé par Condorcet (L'admission des femmes au droit de cité) et par Olympe de Gouges (Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne). Pourtant, les femmes françaises ont dû lutter pour obtenir une pleine citoyenneté politique. Alors que la France a été le premier pays à accorder le suffrage universel aux hommes en 1848, les femmes françaises n'ont obtenu le droit de vote qu'en 1944, après plusieurs décennies de lutte pour le suffrage.

La Révolution française a donc posé le problème de la femme dans la cité, reconnue comme individu. Historiquement, le comportement des hommes au pouvoir est décevant, mais le traumatisme causé par l’ouverture d’une brèche dans le monopole masculin continuera d’ébranler et d’alimenter le discours réactionnaire du XIXe siècle, et notamment le discours juridique. Les femmes s’étant vu reconnaître une personnalité juridique civile, il semble qu’elles aient surtout payé le prix de l’image subversive de la femme civique qui investit par effraction, à Paris, un espace que l’on pensait masculin.

 

A une époque un peu plus récente, on constate que l’évolution du projet paritaire ne s’est pas faite sans mal et il a rencontré nombre d’adversaires qui sont loin d’avoir désarmé. Car cette proposition dérangeante bouscule certaines des idées qui sont au fondement même de notre démocratie.

Les antiparitaires veillent et alignent argument sur argument pour démontrer que cette idée, la parité, était dangereuse pour la démocratie tout autant que pour les femmes elles-mêmes.

Ceux-ci rappellent les principes fondateurs de notre démocratie, énoncent qu’elle ne connaît que le citoyen, un être qui ne peut être défini par aucune caractéristique sociale, religieuse, culturelle ou sexuelle.

En se référant à l’universalisme, qui ne connaît que l’individu abstrait, on refuse de voir que l’humanité est composée de 2 moitiés, masculine et féminine, et que la 1ère seule est « représentante », la 2e devant se contenter d’être représenter par des hommes.

 

Les lois ou encore les quelques rares conventions collectives qui préconisent une politique d’égalité professionnelle, comme par exemple celles des banques, ne suffiront donc pas tant que les rapports sociaux entre les sexes ne se seront pas modifiés : par exemple en amont, à l’école, dès l’orientation des filles dans les différentes filières, dans la socialisation des choix professionnels et la formation des « goûts » pour tel ou tel métier ; ou encore tant que l’on considèrera le salaire des femmes comme un salaire d’appoint, donc tant que l’homme sera considéré comme le principal pourvoyeur des ressources des couples ou de la famille. Des changements seront nécessaires aussi dans le monde professionnel. Les revendications collectives des femmes et les conflits sociaux pour la reconnaissance salariale des qualifications y contribuent déjà. Encore faut-il que les revendications et les actions en faveur de l’égalité professionnelle et la reconnaissance salariale puissent aboutir, ne serait-ce que partiellement, afin que le rapport de force puisse enfin devenir réalité.

 

Par ailleurs, une sélectivité s’effectue à l’embauche. Interdite par les textes, comme la discrimination en fonction des origines ethniques, la discrimination à l’embauche est toujours très forte comme le confirment les acteurs de placement (ANPE, entreprises d’intérim) ou les entreprises et les salariés. Cette discrimination est plus contournée qu’auparavant, depuis la loi Roudy, mais elle persiste dans la formulation de l’offre d’emploi et surtout la sélection des candidatures. La preuve évidente est qu’à qualification égale, dans le même secteur d’activité, les femmes ont moins de chances de trouver un emploi que les hommes.

Cette discrimination n’a pas encore clairement été mise en évidence car il y a peu d’études et de revendication à ce sujet. Au ministère de la solidarité, on parle de prochaines études qualitatives qui pourraient être menées conjointement avec l’ANPE. Le monde du travail fonctionne toujours avec une vision figée de ce qu’est le travail masculin et féminin. Or la palette des emplois considérés comme masculins est plus large. Par ailleurs, lors des entretiens d’embauche, on demande souvent aux femmes si elles ont des enfants ou si elles en veulent, ce que l’on ne demande jamais aux hommes, qui eux sont considérés comme des êtres sans famille.

 

 

 

Cette affiche met en évidence la volonté des femmes à vouloir s'intégrer dans le monde, dans la société

 

Socialement construites, ces différences entre les sexes étaient sans doute tellement contestables qu’il a fallu les inscrire dans les lois. En effet, si les différences biologiques avaient à elles seules suffi à légitimer ces interdits, pourquoi donc s’aider de la loi ? De l’appareil législatif ont découlé toutes sortes d’assignations, en particulier dans le cadre de la définition des activités féminines et masculines, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’espace domestique. Cet ensemble législatif a contribué à forger la division sexuelle du travail, dans la variété de ses registres.

 

« Partager » le travail présuppose un travail homogène et parcellisable. Or, une approche en termes de division sexuelle du travail et plus particulièrement en termes de ségrégation sexuée de postes et de profession, montre que le travail professionnel et l’emploi des hommes et des femmes sont loin d’être interchangeables. La division sexuelle existante interpelle fortement toute proposition de partage du travail ; en effet, cette division ne fait que renforcer, dans presque toutes les pratiques de « partage du travail » le temps consacré au travail domestique, et le cas du travail à temps partiel est, dans ce sens, emblématique-, la précarisation au statut de l’emploi et les conditions de travail d’un certain nombre de femmes alourdissent le poids des obligations domestiques. Ceci ne doit pas écarter par ailleurs l’hypothèse d’un partage de revenu favorable à certains segments de la population féminine active.

 

À la fin du XIXème siècle, les conditions de travail dans l'industrie commencent à être réglementées par les entreprises et les États, répondant ainsi tant aux revendications des syndicats qu'aux intérêts économiques de l'industrie elle-même. Les premières réglementations sur les conditions de travail concernaient les femmes et les enfants, secteur minoritaire de l'activité industrielle, mais toujours communément considérés comme vulnérables et nécessitant une protection. Ces réglementations spéciales étaient fondées sur des raisons physiques, morales, pratiques et politiques. On considérait que les femmes étaient physiologiquement inaptes pour travailler en raison de la fragilité de leur organisme, que le travail nuisait à leur capacité de procréation, les empêchant de s'occuper de leur famille. On pensait qu'elles risquaient de subir des agressions sexuelles pendant les sorties nocturnes, que le contact au travail avec les hommes leur portait préjudice etc...

Par conséquent, cette réglementation concernait divers aspects de la vie des femmes tels que la journée de travail, l'assistance médicale, le remplacement en cas de grossesse, des pauses destinées à l'allaitement et interdisait le travail de nuit. Mais, de façon contradictoire, ces réglementations n'étaient appliquées qu'aux femmes travaillant dans l'industrie et non à celles travaillant dans l'agriculture et le secteur des services qui constituaient les principales sources du travail féminin. Pendant de nombreuses années, les réglementations censées améliorer les conditions des travailleuses ont en fait servi à cautionner la ségrégation par le sexe et à justifier les différences de rémunération et de statut, toujours inférieures pour les femmes.

 

En outre, quand les règles de l’avancement ont posé la question de leur promotion au grade de chef de bureau, un texte, non voté fut argumenté en trois points.

Le premier montrait qu’il n’était désormais plus possible de leur dénier la faculté de penser : « la valeur intellectuelle des femmes ne saurait être mise en question. Leur succès aux concours et examens montrerait, s’il en était besoin, que beaucoup d’entre elles possèdent les plus brillantes facultés ».

Le deuxième attaquait leur manière de travailler : « Il leur est reproché un manque de méthode et d’esprit de suite, et une tendance regrettable à se désintéresser des affaires ».

Enfin, le troisième point était explicite référence à la concurrence des sexes sur le marché du travail : « à l’heure où de nombreux jeunes gens diplômes, futurs chefs de famille, rencontrent les plus grandes difficultés dans la recherche d’un emploi, l’administration doit réserver sa préférence aux candidats plutôt qu’aux candidates ».

 

En écho, deux ans plus tard, lorsque est discutée la création d’une Ecole supérieure d’administration, elle est prévue non mixte.

Si l’on reste dans le cadre de la fonction publique, le statut des fonctionnaires de 1946 énonce l’égalité des deux sexes, mais les discriminations y subsistent largement et longtemps, puisque n’est pas prévue la mixité des concours de recrutement.

Ces options perturbent pour longtemps la parité dans les emplois supérieurs : dans les années 1990, dans les emplois de direction de la fonction publique, on compte seulement 15 % de femmes.

La sous-représentation des femmes au niveau national est attribuée au système spécifique de recrutement du personnel politique français. La plupart des personnalités politiques importantes ont été recrutées au sein de la haute Fonction publique, en particulier parmi les diplômés de l'École Nationale d'Administration et de l'École Polytechnique. Les femmes sont en minorité dans ces Grandes écoles. En 1993, la proportion de femmes admises à l'École Nationale d'Administration était de 24%.

C’est ainsi qu’elles sont au travail, éventuellement elles accèdent aux mêmes postes que les hommes avec les mêmes qualifications, et font du coup le même travail, mais le salaire des femmes est de 23 % inférieur à celui des hommes.

Il ne faut pas oublier de constater les fortes discriminations dans l’exercice du pouvoir de décision, même si les femmes sont 27 % des chefs d’entreprise, toutes tailles confondues.

 En plus, certains métiers ne sont pas accessibles aux femmes : par exemple, les métiers du compagnonnage : tailleur de pierre, maître verrier, n'acceptent pas les femmes comme apprenties et encore moins comme maîtres. Ils se considèrent comme l'aristocratie ouvrière. En fait, les lois discriminatoires, largement détournées, n'ont pas contribué à un retour massif des femmes au foyer. En revanche, elles ont accentué les tendances -déjà fortes- à l'abaissement des salaires féminins et ainsi à l'inégalité des salaires.

 

      En conclusion, les fondements de notre société, les mœurs établies depuis des générations, les intérêts des hommes en ce qui concerne leur emprise sur les femmes constituent de nombreuses difficultés pour celles-ci qui aspirent à une reconnaissance de leur efforts, et à un meilleur traitement un certain respect en conséquence. Malheureusement, même si l’Etat est là pour les soutenir et créer des lois en leur faveur, trop souvent elles sont détournées à des fins personnelles, tournant inévitablement à l’avantage des hommes. L’application des lois n’est donc que rudimentaire. Une partie des travaux des femmes peine toujours à être reconnues. La société industrielle aidant, les premiers métiers à être professionnalisés et rémunérés seront ceux où les hommes ne pensent pas leur présence légitime : dans l’enseignement aux jeunes enfants, comme dans les métiers des soins, de la naissance à la mort. N'oublions pas que règne tout de même une crainte de l’autonomie et de la concurrence sur le marché du travail. Ces raisons entravent encore plus l'insertion des femmes dans la société.