CHANGEMENTS

ACCUEIL

 

PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

Commentaires !

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARCHE VERS LA PARITE??

-La place de la revendication

 

C’est le temps de la révolte. Tout a commencé en 1789 avec la Révolution qui proclame l’universalité des droits de l’homme, mais qui dans le même temps refuse aux femmes toute participation effective à la vie politique de l’époque. Cependant, le principe fondamental de l’égalité entre les individus est posé et c’est en son nom que tout au long du 19e siècle les femmes affrontent les hommes et font valoir leurs droits.

Des le XVIII eme siècle, les revendications féministes furent partout celles d’une avant-garde, plus ou moins hardie, de femmes engagées dans la vie active, instruites, issues de la petites et la moyenne bourgeoisie. L'accès au travail est considéré par les féministes bourgeoises comme libérateur. C’est alors que les publications politiques féminines se multiplient en France.

Il faut attendre que ce XVIIIe siècle conjugue une meilleure sécurité démographique et un allègement du poids de l’Eglise sur les comportements pour que des parents, de plus en plus nombreux, reconsidèrent l’avenir tracé de leurs filles. Mais, tant que le principe de l’égalité des sexes reste une chimère, même à grand renfort de professeurs talentueux, l’accès des femmes à la connaissance demeure entravé, car une forme d’indépendance apparaît dans le savoir-lire et le savoir-écrire et si cet état se développe chez la femme, elle ne sera alors plus dépendante de l’homme et sera moins encline à se soumettre.

 

Ils se ressemblent tellement et pourtant ils sont traités différemment.

 

Les premières réclamations féminines sont, en France, contemporaines de l’instauration du suffrage universel en 1848. On ne les écoute pas, et Pierre Leroux se fait huer parce qu’il réclame pour les femmes le droit de vote municipal. Quand la République est définitivement installée en 1879, les demandes féminines sont repoussées au nom de la fragilité du régime. Vers la fin du siècle, les femmes ne comptent plus que sur elles-mêmes, se divisant entre radicales, qui souhaitent l’égalité totale, et modérées qui, au nom de la « complémentarité » des sexes, estiment qu’il faut préparer les femmes à l’exercice des droits publics, ce qui n’est nullement exigé des hommes.

 

C’est depuis 1920 que les femmes mariées peuvent adhérer à un syndicat sans le consentement de leur époux. Mais pour y parvenir, les travailleuses n'avaient bien entendu, pas attendu cette autorisation pour se mobiliser pour l'amélioration de leur statut et de celui des hommes.

  

 

Tout d’abord, pour revendiquer, la première étape est de passer par les groupes de revendications les plus proches, c’est-à-dire, les syndicats.

Mais l’on constate un certain manque de revendications car les femmes sont peu présentes parmi l’action syndicale.

Les femmes sont très minoritaires dans les champs de "décision" : haute fonction publique, syndicats, à la tête de grandes entreprises.

Au niveau syndical en particulier, il y a plusieurs phénomènes :

- les femmes sont employées dans des secteurs moins syndiqués ;

- elles sont peu impliquées dans les activités syndicales quand elles existent ;

- les mouvements sociaux où il y a une forte majorité de femmes sont moins forts que les mouvements sociaux où il y a une forte majorité d’hommes.

De plus, les problèmes concernant les difficultés particulières des femmes sur le marché du travail ne donnent pas lieu à une revendication sociale importante.

 

Des syndicats discriminants sont, la plupart du temps, la raison de faibles revendications féminines et, ils ne sont pas véritablement en faveur de celles-ci.

Les syndicats sont, au XIXe siècle, peu intéressés par le travail des femmes et surtout pas à son éventuelle défense.

Le seul congrès qui en fasse vraiment état est celui de Marseille, en 1879, où « la question de la femme » revient plusieurs fois. Mais c’est pour reléguer l’activité féminine dans des travaux qui, par coutume, ne concernent pas les hommes : une femme peut travailler en tant qu’ouvrière mais doit ainsi exercer un emploi compatible avec sa nature, c’est-à-dire les travaux d’aiguille ou en rapport avec le tissu.

Ensuite, en 1898, plusieurs arguments sont avancés pour démontrer la nocivité du travail des femmes : il « démoralise » la femme, dévalorise le travail masculin et favorise le chômage. On envisage alors diverses solutions qui vont de l’interdiction de certains emplois jusqu’à la grève, dans le cas où des femmes seraient embauchées à des salaires moindres ou sur des postes masculins. C’est alors qu’au début de 1914, la C.G.T. rompu avec cette attitude et lança un vaste plan d’action pour l’éducation et la syndicalisation féminines.

La présence des femmes au sein des syndicats est faible et ne progresse que lentement : 30.000 syndiquées en 1900 (pour 588.000 hommes), 89.000 en 1914 (contre 1 million), 240.000 en 1920 (contre 1,3 million), après de fortes grèves depuis trois années. C’est dans les congrès de l’habillement et des tabacs, là où leur présence salariée est la plus forte, qu’elles sont les plus actives. Chez les employées, les syndicats féminins perdent leur spécificité au début du XXe siècle, au profit de syndicats mixtes. Mais une chambre syndicale, celle des sténodactylos, fondée en 1899, membre de la Fédération des syndicats d’employés, reste fort active, en particulier au moment de la signature des conventions collectives, où elle peut négocier directement avec l’Union syndicale patronale. Quelques syndicats sont uniquement féminins, comme le Syndicat des femmes caissières, comptables et employées aux écritures.

 

Mal acceptées dans les syndicats, prises dans leur double journée, les ouvrières revendiquent peu. A la fin du XIX siècle, entre 1871 et 1890, on compte à peine 5,9 % de grèves féminines et 12 % de grèves mixtes, souvent plus violentes. Le maximum de femmes grévistes est atteint en 1903, avec 21,5 % de femmes. Courtes, un jour ou deux, non relayées par l’appareil syndical, ces grèves ne s’étendent pas au-delà de l’entreprise concernée. Organisées autour des salaires et de la durée de la journée de travail, douze heures à l’époque, elles ne demandent jamais une égalité entre les femmes et les hommes ; en revanche, elles dénoncent le sexisme des contremaîtres. Souvent, maris et collègues ne les soutiennent pas et se plaisent à développer le stéréotype de la gréviste folle. Parfois, quand même, ils s’en font les représentant, comme en 1884, à Paviot, où les grévistes sont à 90 % des femmes. Regroupant le plus grand nombre de femmes, le secteur des textiles est le plus concerné par ces mouvements revendicatifs : rein que dans la soie, on compte au moins 300 grèves entre 1890 et 1914.

 

Les années de la Première Guerre mondiale voient aussi de nombreuses et virulentes grèves de femmes, dans les deux secteurs où elles travaillent pour le ministère de la Guerre, les usines d’armement et l’habillement. Pourtant, le contexte n’est guère favorable à la combativité ouvrière, d’autant que les usines sont très surveillées par la police. La première grève de femmes éclate en juin 1916, à Puteaux, dans les Hauts de Seine, en Région Ile-De-France, dans les usines du marquis de Dion, qui fait dire par le très conservateur journal « Le Temps » que « la maison n’a pas cédé aux hommes, elle cédera bien moins aux femmes ». Très soutenues financièrement par la Fédération des métaux, les femmes tiennent et obtiennent des augmentations de salaires. Si la grève est probablement une expérience nouvelle pour ces ouvrières, il n’empêche qu’elles en mènent de bien nombreuses, et en 1917, représentent environ le tiers des 160.000 grévistes de la Seine. Elles se battent généralement pour des augmentations de salaires (refus de diminution des tarifs, demande d’augmentation de 20 %, demande d’indemnité de cherté de vie), déclenchant parfois l’arrêt de travail sur des motifs hiérarchiques en dénonçant le sexisme des contremaîtres. Les conflits sont courts, un jour ou deux, car les revendications salariales sont dans l’ensemble satisfaites. En 1916, elles sortent dans la rue, puis prennent de plus en plus l’habitude de rester sur place en croisant les bras. Quand elles réussissent à rallier les ouvriers, ce sont eux qui prennent la direction des négociations, mais elles peuvent aussi y parvenir seules. Le Syndicat des métaux reste bien hostile aux munitionnettes et, en 1917, redit que « l’introduction systématique de la femme dans l’atelier est en contradiction flagrante avec l’incitation à la procréation ».

 

Ensuite, les femmes participent aux grèves des deux années de Front populaire, en 1936-1937. Mais ce sont surtout les années qui suivent 1968 qui voient progression et mutation de leur rôle dans les conflits. Il y a des grèves qu’elles mènent seules, dans des entreprises où elles sont presque l’ensemble de la main-d’œuvre, en particulier dans l’habillement.

 

Malgré les mesures prises par certaines confédérations, notamment la CFDT (confédération française démocratique du travail) dans les années 80 et la CGT (confédération générale du travail) dans les années 90, la participation des femmes à l’activité syndicale reste modeste : elles sont moins nombreuses dans les syndicats et fédérations qu’au niveau confédéral. Dans les entreprises, les femmes sont plus nombreuses parmi les délégués du personnel et au sein des comités d’entreprise, que dans les délégations syndicales, véritables instances de négociation.

Aucune étude synthétique n’est actuellement disponible en France sur les femmes dans les syndicats à quelque niveau que ce soit. Les estimations font état d’environ 20% de femmes dans les instances de décisions syndicales. Seul un syndicat (CFDT) est dirigé par une femme. Pour ce qui est des Conseils des Prud’hommes, toutes sections confondues, les femmes ne représentent que 22% des membres du collège des salariés et 15% de celui des employeurs.

Le secteur le plus intéressant à ce sujet est le secteur bancaire où les femmes sont majoritaires mais où paradoxalement, il n’y a pas de femmes parmi les délégués syndicaux au niveau de la branche. Autre paradoxe, ce sont les adhérents CGT du secteur banque assurance interrogés sur "l’importance de la mixité dans la vie syndicale" qui répondent en tête devant tous les autres secteurs d’activité "très importante" à 78%.

 

Durant les Trente Glorieuses, période de prospérité de 1945 à 1975, les attitudes syndicales changent, avec la nouvelle place que la société consent à accorder aux femmes au travail. A gauche, deux grands camps s’affrontent. A la C.G.T. comme à la C.F.D.T., on tente de promouvoir des militantes. On insiste sur les contraintes que leur pose la double journée et à la C.G.T. c’est en 1964, la campagne « 5 millions de femmes veulent conquérir le temps de vivre ». Sa liste des revendications spécifiques s’allonge avec la demande de protection de la femme enceinte, de deux jours supplémentaires de congé annuel par enfant, d’une indemnisation de garde pour les enfants de moins de 3 ans, de la retraite à 55 ans à 60 % du salaire. La même année, la C.F.D.T. prend en compte que « les travailleuses ont des aspirations nouvelles, elles ont besoin de se sentir intégrées à part entière, à la fois dans la société, dans le monde du travail et le syndicalisme ». A la C.F.T.C. (confédération française des travailleurs chrétiens), même si on garde un œil sur le droit au travail, l’égalité des salaires, la législation sur le travail de nuit, la représentation des femmes dans les organismes professionnels, l’extension des crèches dans les entreprises, l’objectif demeure le retour de la femme au foyer, l’augmentation de l’allocation salaire unique et des allocations familiales. Son secrétaire général affirme que « la place des femmes est non à l’usine ou au bureau, mais chez elle, à la maison ».

En 1975, les femmes sont 30 % des syndiqués, pour 38 % de la population active. D’ailleurs, en 1974, les deux principales centrales (CGT et CFDT) se sont retrouvées pour un accord commun sur les revendications des femmes salariées, qui constate que la place des femmes dans la société est inférieure à cause de conceptions rétrogrades du rôle de la femme. Depuis, les choses n’évoluent guère, la place des femmes dans les instances syndicales est toujours largement inférieure à leur taux de syndicalisation, même si Nicole Notat est devenue secrétaire générale de la C.F.D.T. en 1992.

 

 

La participation des femmes aux négociations pourrait faire émerger des préoccupations fondamentales pour elles, concernant l’organisation du travail par exemple. Il reste que pour l’instant, la faible représentation des femmes dans l’activité syndicale explique en partie l’absence de mise en œuvre dans les branches et les entreprises des instruments de la loi Roudy.

 

  

            Compte tenu d’une aide faible, voir quasi-inexistante de la part des syndicats, les femmes se tournent vers d’autres moyens et forment elles-mêmes des mouvements pour revendiquer leurs droits.

Le mouvement féministe comporte deux tendances: politique et sociale. Les Françaises représentent bien le féminisme politique et démocratique destiné à l'obtention de l'intégration totale des femmes dans la politique, dont le meilleur exemple est la lutte pour le suffrage. En ce qui concerne le social, il correspond au besoin d’éducation principalement, qui mènera vers des professions plus diversifiées et plus valorisantes pour les femmes.

Par ailleurs, les deux instruments de base que les féministes ont utilisés pour arriver à leurs fins sont la presse et les associations. Le schéma est simple: la création d'un journal féministe est parallèle à la création d'une association. Le journal est un pôle d'attraction et un organe de propagande.

 

Le travail des féministes de la troisième République (1871-1940) fut un des moins connu mais plus fructueux. Majoritairement hostile à une législation protectrice, le mouvement pour le droit des femmes revendique une amélioration des conditions de travail pour les deux sexes. A l'origine de toutes les lois égalitaires, des pétitions et des revendications féministes.

On leur doit les lois de 1907 qui autorisent la femme mariée à disposer librement de son salaire et les femmes commerçantes à siéger au Conseil des Prud'hommes, la loi de 1900 qui oblige les directeurs de magasins à mettre des sièges à la disposition de leurs employé-e-s.

De même, c'est grâce à leur combat que les avocates ont pu plaider (1900), les femmes médecins passer les concours (1882, 1885,1906...) ou devenir notaires. C'est encore parce qu'un mouvement féministe s'est mobilisé dans les années 1970 que des campagnes sont menées aujourd'hui et des lois votées contre harcèlement sexuel au travail (1992) ou la discrimination sexiste à l'embauche (1975).

 

Le mouvement féministe a tout d’abord lutté contre les restrictions éducatives. Les femmes ont pris la parole et ont revendiqué leurs droits, avec une force et des stratégies différentes, mais l'éducation a précédé toutes les revendications. 

« Nous voulons une femmes éclairée, instruite, apte pour tout. (...) pour nous, la véritable émancipation consiste à secouer l'abominable joug de l'ignorance, qui nous rend aujourd'hui esclaves de l'homme, de la société, des préoccupations et du fanatisme. (...) le premier droit que nous devons obtenir est l'instruction, car nos qualités intellectuelles sont aussi aptes à recevoir la lumière de la vérité et de la science que celles des hommes. » (Sofia Tartilan 1877) 

Les premières féministes comprennent que l'acquisition et la reconnaissance des connaissances professionnelles étaient leur moyen d'accès à l'indépendance économique. Elles ont profité du fait que l'éducation était le seul domaine que les sociétés bourgeoises leur abandonnaient pour que l'enseignement devienne leur première profession. Il n'est pas anodin que la troisième génération de féministes compte un fort pourcentage d'institutrices, qui appartiennent pour la plupart à des associations d'enseignantes qui se sont mobilisées pour le droit de suffrage des femmes. Les féministes n'ont pas attendu que leurs revendications sur l'éducation soient entendues et ont créé leurs propres collèges avec des cursus spécifiques.

Le XXème siècle sera le siècle des opportunités professionnelles pour les femmes et de l'obtention du droit de vote, du contrôle de leur propre corps, etc. Mais ces conquêtes doivent être interprétées, de par leur complexité, comme le fruit d'exigences contradictoires, dissimulant l'augmentation des inégalités. Pendant ce siècle, les femmes ont pris la parole au moment où les moyens de communication de masse étaient en plein essor. La publicité a créé une image de féminité moderne, "ménagère professionnelle", "reine du foyer", très proche des anciens stéréotypes. Le développement de l'éducation des femmes a créé de nouveaux modes de vie qui ne leur sont pas toujours favorables. Cependant, malgré l'inégalité des chances scolaires et la ségrégation des emplois, on ne peut nier que l'évolution de l'éducation des femmes leur a permis, entre autre, d'affirmer leur présence professionnelle, culturelle et politique. Cette participation a favorisé l'évolution du droit privé, des activités domestiques et de la maternité et a permis l'accès des femmes à la sphère politique. 

 

En ce qui concerne le libre exercice du métier, les femmes durent se battrent métier par métier pour exercer une profession véritable, en s’adressant aux tribunaux et au législateur afin d’abattre la résistance masculine.

 

Les revendications des femmes portaient principalement sur les droits économiques, éducatifs et politiques. Les femmes ne disposaient pas d'une pleine capacité économique en conséquence de la persistance d'anciennes lois féodales, ou par le résultat de la publication de nouvelles lois (Code Napoléonien 1803). En France la législation est propice à la discrimination des femmes et se renforce au cours de ce siècle ; le code  Napoléonien stipule que les femmes mariées étaient particulièrement soumises à la tutelle de leur mari, ne dispose pas d'autonomie personnelle et ses biens comme ses gains sont administrés par le mari. Ce n'est qu'au XXème siècle que la législation discriminatoire sera abolie.  Il n'est donc pas étonnant que les revendications principales des premières féministes concernent le droit de disposer librement de leurs biens et d'un salaire propre.

En réalité, les ouvrières ne revendiquaient pas l'accès au travail mais l'amélioration de leurs conditions de travail: journée de huit heures, dénonciation de l'exploitation du travail domestique, ainsi que la revendication de l'accès à un travail digne et rémunéré.

Dans les pays d'origine latine comme la France, les femmes devront attendre de longues années avant d'obtenir le droit de vote. Depuis les années 1880, les françaises ont pu être électrices et éligibles dans les conseils locaux, éducatifs et d'assistance mais le droit de vote pour l'Assemblée Nationale n'a été acquis qu'après la Deuxième Guerre Mondiale. La lutte a été longue, les revendications pour l'égalité politique se sont intensifiées en 1848 lors de la mise en place du suffrage universel masculin. Mais, ni le courant radical, ni le plus modéré ne sont parvenus à vaincre les barrières sociales et juridiques qui refusaient le droit de vote aux femmes.

 

 

 

Il y a eu en effet différents mouvements féministes qui sont survenue pour la défense des droits des femmes.

Par ailleurs, parmi les mouvements féministes, ceux des années 60-70 sont encore plus intéressants car c’est la naissance du MLF, le Mouvement de Libération de la Femme.

Le féminisme a lutté pour que des réformes législatives réduisent les inégalités dans les domaines de l'éducation, du travail et politique. Ces revendications se sont concrétisées par les mesures législatives prises depuis les années 70 pour garantir l'égalité entre hommes et femmes dans les sphères publiques et privées. Enfin, elles permettront de poser les bases de politiques d'action positive.

 

Mais pour la société, l'aspect le plus important de l'activité féministe de cette période est l'ensemble des actions destinées à combattre l'oppression générée au sein de la famille, du mariage et la sexualité. Cette lutte remettait en question l'ordre existant et les institutions conservatrices. Grâce à la psychanalyse, les féministes ont fondé des théories sur les relations de pouvoir au sein de la famille et sur la sexualité.

 

L’évolution même des structures de la famille témoigne de ce que les femmes revendiquent, c'est-à-dire la possibilité d’associer les rapports affectifs à des formes de conduite rationnelle, de type inter compréhensif, formes qui bousculent, par principe même, la domination masculine et induisent un ensemble de crises du couple.

Le féminisme des années 1960-70 a brisé le piège dangereux du modèle patriarcale où la femme reste au foyer, mais cette évocation du passé doit nous rappeler que la question de l’effet « partage du travail salarié » sur les rapports patriarcaux ne se réduit nullement à une question de temps, en particulier pour le travail domestique.

 

L'obtention du droit de vote et toutes les réformes qui ont suivi semblaient avoir affaibli le mouvement revendicatif des femmes. Après la Deuxième Guerre Mondiale, l'égalité légale semblait acquise, mais ce mouvement des années 1960 a démontré que tout n'était pas parfait.

Le livre de Simone de Beauvoir Le deuxième sexe (1949) était la première expression de ce malaise et du refus à l'époque de l'égalité légale. Il souligne l'importance des stéréotypes sexuels qui associent la femme à la mère et à l'épouse: ils ne laissent aucune possibilité de réalisation personnelle et culpabilisent les femmes qui n'acceptent pas ce projet de vie.

Ces textes traduisaient les sentiments de milliers de femmes qui, dans une société en apparence heureuse, se sentaient discriminées et opprimées. Les années 60 ont révélé un système politique et social légitimé par l'universalité de ses principes mais qui demeure sexiste, raciste et impérialiste. Cette contestation politique est à l'origine de mouvements politiques de contre-culture. Le néo féminisme est né dans ce cadre. L'action politique des femmes a joué un rôle important dans la lutte pour les réformes. Néanmoins, c'est le néo féminisme qui a réellement permis de fonder une théorie féministe et de considérer le monde à partir du point de vue des femmes. Les féministes ont créé des concepts fondamentaux comme le patriarcat, le genre ou le harcèlement sexuel. Dans cet ordre politique établi, les femmes devaient mener des actions politiques différentes et indépendantes de celles des hommes. Le MLF, Mouvement de Libération de la Femme a été créé pour répondre à ce besoin. Pourtant, au sein même des mouvements féministes, certaines femmes étaient favorables pour mener des actions conjointement avec les hommes. Cette divergence a créé une rupture entre les féministes liées aux partis politiques et les féministes indépendantes. 

 

Les premières considéraient que l'oppression des femmes provenait de la structure politico sociale du Système et étaient liées à des partis de gauche ou à des organisations syndicales. Les "politiques" ont apporté au mouvement leur expérience politico organisationnelle, condition de succès de l'organisation du mouvement à cette époque. Pourtant, ces femmes politiques devaient également lutter au sein même des organisations contre des mesures qui tentaient de les exclure ou de les ignorer. Ce sont les différentialistes.

 

Les secondes, connues comme féministes radicales, ont lutté contre la subordination de l'action des femmes à la stratégie des partis de gauche. Elles n'étaient pas fondamentalement opposées à la gauche mais elles critiquaient le sexisme et le manque d'intérêt pour les problèmes des femmes. Ces féministes ont montré l'oppression commune des femmes, ont favorisé la création de groupes de prise de conscience et l'égalité des chances dans le monde du travail.

 

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, le courant politique et le courant radical ont évolué respectivement vers un féminisme pour l'égalité (qui voulait supprimer les différences entre les genres) et un féminisme pour la différence (qui mettait en valeur les différences sexuelles). Les divergences au sein du mouvement féministe ont été nombreuses mais la modération de certaines positions radicales et la présence croissante de femmes, surtout de féministes, dans les partis politiques ou les institutions, ainsi que la reconnaissance de la diversité des expériences et des moyens, a transformé le panorama politique du féminisme. Les actions féministes ne sont peut-être plus aussi spectaculaires qu'avant mais le féminisme reste néanmoins un grand mouvement qui est entré dans la vie des femmes et des hommes et qui a permis des changements législatifs et de mentalité irréversibles.

 

L’interprétation différente de l’égalité amène à un partage des femmes en « citoyennes » et en « bourgeoises ». Le problème féministe apparaît tantôt comme une question politico législative, tantôt comme une question éthico sociale. La défense d’un droit abstrait, trop éloigné de la vie quotidienne des femmes, tend à paralyser le féminisme, tandis que le concept dualiste possède potentiellement un plus grand pouvoir de critique culturelle. Il masque cependant les antagonismes d’intérêts entre l’homme et femme dans une société patriarcale.

 

 

On observe en 1970 l’opposition de deux mouvements féministes dans le Mouvement de Libération de la Femme :

- Les Différentialistes

Ils insistent sur les différences irréductibles entre les hommes et les femmes et souhaitent mettre fin au patriarcat afin que le féminin puisse complètement s’épanouir. Ce qui est refusé, c’est le risque de s’aligner sur les valeurs masculines. Il postule pour un éternel féminin, et sont principalement dans le cadre de la politique.

C’est aussi le féminisme radical.

« Radical » signifiait que l'on voulait remonter aux racines mêmes de l'oppression des femmes. Ce courant apparaît à la fin des années 60. A la différence des marxistes féministes (ou égalitaires), le système d'oppression n'est pas le système économique mais le système social des sexes, qu'on nomme patriarcat. « Radical » signifie que l'on repense à une nouvelle façon de penser les relations hommes-femmes, au delà des explications libérales ou marxistes, et se présentant comme autonome (que ce soit sur le plan théorique ou dans le domaine de la pratique).

Cet autre mouvement est rejeté pour son analyse trop superficielle, et en raison de son incapacité de concevoir les femmes en dehors de la classe de leur mari. On rejette ses traditions de luttes et son fonctionnement « machiste », refusant toute place centrale à la lutte autonome des femmes.

Le féminisme radical n'a jamais constitué un courant homogène. Il s'agit d'un courant éclaté dont les composantes partagent cependant une conviction commune : l'oppression des femmes est irréductible à quelques autres oppressions, et traverse toutes les sociétés, les cultures et les classes. Les sous-courants radicaux divergent quant à l'analyse de l'oppression des femmes.

L'ennemi principal pour les radicales ne se situe pas ni dans les préjugés et lois (les libérales) ni dans le système capitaliste (marxistes ou égalitaires). C'est le patriarcat qui explique la domination des femmes par les hommes. L'expression courante du patriarcat se manifeste par le contrôle du corps des femmes notamment par le contrôle de la maternité et de la sexualité des femmes. Le lieu où s'exprime d'abord le patriarcat est la famille, le domaine de la reproduction et dans tous les niveaux de la société (politique, économique, juridique), de même que les représentations sociales. Le patriarcat est un véritable système social, un système social de sexes ayant crée deux cultures distinctes : la culture masculine dominante et la culture féminine dominée.

 

- Les Egalitaires

Pour eux, il ne faut pas parler des différences susceptibles d’exister entre hommes et femmes ; en d’autres termes il ne faut pas encourager les inégalités ni confirmer l’idée d’une infériorité des femmes.

Ce fort courant égalitariste considère la femme comme une partie de l'humanité et se fonde sur l’humain tout court. Il lutte pour des réformes politiques et pour l'émancipation de l'humanité en général, comme le féminisme socialiste le plus radical.

Selon les mouvements, les opinions divergent également sur la définition du statut de "femme". Mais le courant égalitariste considère que la maternité a un rôle primordial puisqu'elle définit les femmes physiquement et psychologiquement.

Chez les marxistes féministes, le capitalisme occupait une place centrale dans l'explication et le patriarcat le rôle secondaire. L'ennemi principal est le pouvoir des hommes, et les hommes comme classe sexuelle. Le courant égalitaire bourgeois considère le législateur comme le moteur central du changement. L’Etat sera le partenaire qui va régler les conflits d’intérêts. La demande de reconnaissance de la femme en tant que citoyenne et les campagnes répétées pour l’égalité politique en sont l’expression.

Le féminisme libéral égalitaire, appelé encore réformiste ou féminisme de droits égaux (courant modéré du féminisme) ou marxiste est considéré classiquement comme étant en filiation directe avec la Révolution française (Olympe de Gouge ou Condorcet) : c'est-à-dire reprend les idées des Lumières et s'insère dans le courant libéral et capitalise.

Le courant libéral et capitaliste a deux axes principaux de lutte qui sont la liberté individuelle et l'égalité. Les féministes de ce courant revendiquent les mêmes droits que les hommes dans le capitalisme : égalité dans le travail, de salaires, dans le domaine législatif et judiciaires, politiques. Ce n'est pas le seul courant féministe à revendiquer ces droits mais il diffère dans les raisons de la subordination des femmes et l'ennemi principal. Pour ce mouvement, le capitalisme est perfectible et on croit à sa capacité de réforme. Il est seulement aujourd'hui mal ajusté aux femmes puisqu'il existe des discriminations flagrantes d'un point de vue économique, politique et social. Les causes sont les préjugés, les mentalités et les valeurs rétrogrades. Le moyen le plus efficace est donc de changer l'éducation en la rendant non sexiste. Il faut socialiser les femmes autrement. En changeant les mentalités, on changera la société. Il faut agir dans la légalité par l'obtention de lois non discriminatoires, de revendications auprès des gouvernements, etc.

 

 

         Donc, les différents mouvements féministes qui existent, en particulier dans les années 1960-70, ont ouvré pour la reconnaissance des droits des femmes dans le travail, mais avec des nuances d’un mouvement à l’autre car chacun a ses propres visions et opinions sur la femme et les actions à mener. Mais pour autant, les revendications concernent principalement l’éducation, les droits politiques et économiques ainsi que les condition et salaire dans le cadre du travail. N’oublions pas que si les revendication féministes ont pris une telle ampleur, c’est en partie à cause des syndicats, où elles sont faiblement représentées, qui n’a jamais véritablement voulu accéder à ses requêtes.