CHANGEMENTS

ACCUEIL

 

PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

Commentaires !

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MARCHE VERS LA PARITE??

-Scolarité et Diplome

 

      Durant les cinquante dernières années, le niveau de formation des femmes a fortement augmenté, conduisant à une égalisation, voire un dépassement du niveau de formation initiale des femmes par rapport à celui des hommes. En 1997, selon l’enquête Emploi, 24,3 % des femmes actives contre 21 % des hommes actifs, avaient un niveau de diplôme supérieur au baccalauréat, et 13,7 % des femmes contre 10,9 % des hommes avaient un niveau de diplôme égal au baccalauréat.

On assiste à une égalisation des accès aux études et aux diplômes mais pourtant, de nombreuses différences persistent encore, accentuant un phénomène de concentration des femmes dans un secteur et dans des niveaux de rémunérations faibles, sans parler du niveau de l’emploi, et de la disqualification à l’embauche. Une impossible formation conduit inévitablement à une impossible promotion. L’évolution jusqu’à aujourd’hui n’a que peu changé d’ailleurs…

 

 

      Au cours du temps, la société a accepté de mettre en place des politiques pour l’enseignement des femmes. C’est alors que l’on remarque la supériorité des femmes dans le domaine scolaire.

La scolarisation obligatoire pour les filles s'est généralisée au cours de ce siècle. En France, la loi Falloux de 1850 a imposé à toutes les communes de plus de 800 habitants de disposer d'une école de filles.

 

A partir de 1908, quand les filles sont autorisées à accéder aux universités, l’administration, qui embauche ses cadres et les rédacteurs sur concours au niveau de la licence, est confrontée à des candidatures féminines.

Par ailleurs, un changement dans les attitudes masculines à l'égard des femmes a contribué à améliorer leur condition. L'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture née le 16 novembre 1945 mais la France n’en fit partie que le 4 Novembre 1946) estime que sur le plan de l'éducation il existe au moins une raison d'espérer : le nombre des hommes sachant lire et écrire augmente. Comme les parents sachant lire et écrire envoient généralement leurs enfants à l'école, plus le taux d'alphabétisation est élevé chez les hommes, plus il le deviendra ensuite chez les femmes. Certaines mesures prises par les gouvernements et les ONG (organisations non gouvernementale) ont aussi aidé à réduire l'écart entre les sexes.

C’est à partir des générations nées au début des années cinquante que la proportion de bachelières dépasse systématiquement la proportion de bacheliers et c’est à partir des générations nées en 1955 que les jeunes filles sont plus fréquemment diplômées de l’enseignement supérieur.

 

Au total, compte tenu de l’accroissement de ces générations successives sortants de formation initiale, le stock de capital humain des femmes et plus particulièrement celui des femmes actives est plus élevé que celui des hommes.

De plus, elles sont entrées en nombre à l’université. Longtemps vouées aux études courtes parce qu’elles étaient avant tout destinées à être des mères et des épouses, ces femmes qui n’étaient que 44.000 encore en 1950 sur les 125.000 étudiantes recensées deviennent en 1971 plus nombreuses que les hommes dans l’enseignement supérieur.

Or, l’intérêt pour la politique croit on le sais avec le niveau d’études. En conséquence, ces femmes qui ont désormais un capital culturel aussi important que celui des hommes n’ont plus de raison de s’abstenir lors des scrutins et ce n’est pas un hasard si les quelques différences enregistrées sur la participation électorale sont localisées dans la population âgée, là où l’écart entre les temps de scolarisation est le plus élevé.

 

Alors, pour les filles aussi, le diplôme devient un capital social, valorisable par l’accès à des professions plus diversifiées. Les femmes font alors irruption dans le monde des compétences reconnues.

Les rapprochements entre les comportements des hommes et des femmes face au travail sont le résultat d'une très forte mobilisation des femmes vis-à-vis de la formation et de l'école. Le rôle du système éducatif devient évident. Les femmes ont rattrapé leur retard en matière d'accès à la formation et l'on assiste même au renversement des inégalités scolaires : globalement les filles sont moins en échec que les garçons et sont plus nombreuse à suivre des études supérieures.

En conséquence, à l’école, les filles ont dépassé les garçons. En France, le niveau scolaire des jeunes filles dépasse à la fin de l’adolescence celui des jeunes hommes : à 17 ans, 11,7 % d’entre eux ont des difficultés de lecture, contre 7,1 % des filles.

On constate ainsi l'envolée des scolarités féminines très frappante aujourd'hui : on a plus d'étudiantes que d'étudiants et les femmes continuent un peu plus longtemps leurs études que les garçons, elles les ont supplanté au niveau du bac.

Ainsi, en mars 1998, 25 % des femmes actives détenaient un diplôme supérieur au baccalauréat contre 20 % des hommes, ces derniers étant plus souvent diplômes de l’enseignement professionnel C.A.P.- B.E.P.

 

 

Pourtant, malgré cette performance incroyable dans le domaine scolaire, les filles connaissent toujours une séparation vis-à-vis des garçons.

Arrivées à l’âge de la retraite dans les années 1970, 70 % des ouvrières parisiennes sont des travailleuses non qualifiées. A génération équivalente, c’est le cas de seulement 30 % des hommes, signe éclatant de la spécificité des activités féminines, privées des atouts de la formation et de la promotion.

Les femmes obtiennent des positions subordonnées, sans, longtemps de possibilité de promotion, tout comme dans les métiers des soins. Et pour les y confiner, la société leur interdit l’accès aux formations qui permettraient la qualification, la promotion et l’ambition. Mais les métiers sur les machines des ateliers et des bureaux ne sont pas les seuls travaux attribués aux femmes, la société industrielle a aussi multiplié ceux des papiers, tout aussi contraignants et subordonnés.

 

Cependant, l’école fut accessible aux jeunes filles.

L’expression "travaux propres au sexe", qui à l'origine se référait aux activités utilisant "l'aiguille", occulte en fait ce qui est sans doute l'essentiel du contenu de ces apprentissages: le service, la contribution dévouée et gratuite des femmes au bonheur des autres. Le terme "travaux" employé pour désigner ces matières spécifiques a permis de ne pas oublier qu'il s'agissait d'un service qu'elles devaient assumer de par leur nature, en tant que femmes.

Par ailleurs, destiner les écolières à un secteur du textile et de la parure sur lequel les habitants des villes exercent une forte demande satisfait son besoin de main-d’œuvre et confine donc toujours les femmes dans des activités « féminines ». Il n’est donc pas contestable que les formations initiales sont, pour celles-ci, axées sur les apprentissages du secteur textile, mais aussi sur ceux des machines des bureaux.

Pourtant, les filières d’enseignement réservées aux femmes jusqu’au milieu du 20ème siècle n’avaient aucune visée professionnelle. Elles correspondaient au souci de codifier et de rationaliser le travail effectué par les femmes non pas dans le cadre d’un contrat de travail, mais bien dans le cadre d’un contrat de mariage.

De plus, les quelques filles qui peuvent accéder aux études sont étroitement contrôlées. Les filières éducatives sont très sexuées, elles restent cantonnées dans les formations littéraires et commerciales, et peu représentées dans les filières techniques. Elles sont et donc écartées par la suite de nombreux postes de direction et leur haut niveau de formation ne suffit pourtant pas à ce qu’elles accèdent à égalité avec les hommes à des postes alliant haut niveau d'études et grandes responsabilités.

 

La sous représentation des filles dans les filières scientifiques et techniques représente une perte d’autant plus importante que la France souffre d’un retard dans l’innovation et la création d’entreprises de haute technologie et de services, alors que le « vivier » des garçons s’épuise et que s’approche la perspective du vieillissement de la population active. Un effort doit être entrepris auprès des familles et des enseignants (y compris les femmes), pour renverser la culture dominante en la matière.

En ce qui concerne les cours, et les mathématiques, on leur apprend seulement des notions, car « il serait fâcheux de développer l’esprit d’abstraction et les jeunes filles n’auraient que faire des mathématiques appliquées, puisqu’elles ne deviendront pas ingénieurs ». Quant aux sciences, on leur en apprend fort peu et Jules Verne dispense ses conseils : « prenez garde de ne pas vous égarer en courant dans le domaine scientifique ; puissiez-vous en sortant du cours de chimie générale savoir confectionner un pot-au-feu ». Restent la littérature, le français, une langue vivante, l’histoire nationale et des aperçus d’histoire générale, le dessin et la musique, un peu de gymnastique, des travaux d’aiguille et « l’économie domestique ». En tout et pour tout vingt heures de cours par semaine, moins que les garçons, pour ménager la santé des jeunes filles.

 

En outre, le tardif accès normalisé des filles au baccalauréat handicape lourdement leur entrée à l’Université. Pour les pionnières du XIXe siècle, certaines facultés sont plus faciles à conquérir que d’autres et, d’ailleurs, le droit aux examens y est accordé avant celui d’assister aux cours ou d’accéder aux bibliothèques. La morale refusait le mélange des sexes dans les amphithéâtres et dans le côtoiement des livres. En 1884, c’est la première inscription d’une femme à la faculté de droit de Paris : « l’accueil des professeurs fut glacial ; celui des étudiants extrêmement respectueux », raconte Sarmiza Bilcescu. En tout et pour tout, de 1866 à 1882, on recense 3 licenciées en sciences, 2 en lettres et 20 docteurs en médecine.

 

 

Entre 1867 et 1870, plus de soixante-dix cours sont ouverts, pour environ 2.000 filles ; mais en 1878, il en restera à peine une dizaine. On constate alors la tentative et un échec, peut-être parce que le cursus imaginé n’est guère respecté. « Le savoir des femmes est comme les fleurs, il ne doit pas être trop ardent ; il doit être le parfum du foyer domestique »

Avec l’installation des lycées de filles, se met en place en 1882, un lieu de formation des professeurs, l’Ecole normale supérieur de Sèvres, qui prépare à l’agrégation les futures enseignantes des lycées. Comme femmes et hommes ne peuvent être sur un même pied, on crée des agrégations spécifiques pour les premières : lettres, histoire, mathématiques, physiques ; pas de philosophie, bien sûr, puisqu’elle n’est pas prévue dans les programmes des filles, ni non plus d’agrégation de grammaire ou de sciences naturelles. En revanche, les femmes sont admises à se présenter aux concours masculins de langues à partir de 1883. Une mixité trop paradoxale pour faire long feu, puisque dès 1891 le jury d’anglais, imité ensuite, établit un classement distinct entre lauréates et lauréats. S’égrènent ensuite, à nouveau les « premières » : 1907, agrégée de sciences naturelles, 1912, classée première à l’agrégation de grammaire, 1913, reçue en sciences physiques.

 

C’est seulement en 1924 que toutes les agrégations masculines sont ouvertes aux femmes, porte qui se referme à la Libération où elles ne peuvent plus se présenter que dans les disciplines où n’existe pas d’agrégation féminine. Il va de fait falloir un demi siècle pour une lente installation de la mixité de ces concours pourtant discutée dès après la Première Guerre mondiale : c’est seulement entre 1974 et 1976 qu’elle est établie pour toutes les matières.

En 1930, après le décret Bérard, les femmes sont plus de 3000 en médecine (18 % des effectifs), près de 7.000 en lettres, (la moitié), et 12 % des étudiant-e-s en droit. La percée est intéressante, mais trompeuse. La perspective change radicalement quand on compare la proportion des inscrites et celle des diplômées : 9 % de diplômées pour les sciences en 1905, 9 % encore en 1938 ; 5 % et 3 % pour la médecine pour les mêmes années ; le seul infléchissement concerne le droit : de 4 à 9 %. Autrement dit, en plus d’un demi siècle, de 1870 à 1930, l’Université aura décerné 53 doctorats en droit, 55 en sciences, 19 en lettre et 522 en médecine. Si l’on exclut les juristes, voilà donc, bien probablement, juste de quoi peupler en enseignantes les lycées de filles.

 

Le taux d’abandon vient plus sûrement du profil sociologique de ces étudiantes : dans cet entre deux guerres, à peine 3 à 5 % d’une classe d’âge accèdent à des baccalauréats réservés aux enfants des notables. Or de ces étudiantes là, on sait que la pression sociale est forte pour que le mariage et la famille soient le seul centre de leur vie. Elles ne se rebelleront en nombre que dans les années 1970, en décidant d’achever leurs diplômes et de les négocier sur le marché du travail.

 

De plus, les femmes ne peuvent pas donner libre cours à leurs aspirations et une partie de leurs talents est gaspillé parce qu’elles ont ainsi à choisir leur profession parmi un échantillon restreint.

Pour élargir l’horizon professionnel des femmes, il faut en particulier améliorer l’enseignement des matières techniques ; il convient de recevoir le contenu et les modalités de cet enseignement, de manière à faire mieux percevoir l’intérêt et l’utilité de ces matières. Les emplois qualifiés réclament une certaine compréhension des technologies élémentaires.

Nombreuses sont les femmes qui abandonnent les bases nécessaires pour suivre une formation spécialisée. Elles sont souvent rebutées par les matières techniques parce que les méthodes pédagogiques et les programmes ont été conçus pour les hommes.

 

Par ailleurs, si l’on reconstitue la trajectoire des femmes, on s’aperçoit que le choix de la branche secrétariat s’est faite soit à l’école, car on ne pouvait choisir le plus souvent qu’entre secrétariat et comptabilité, soit après quelques années d’activité professionnelles  comme ouvrière, dactylo facturière, ... parce que c’était la seule voie possible de promotion sociale. Mais toutes expriment le regret de n’avoir pu, à un moment ou un autre, s’orienter vers tout autre chose : mode, toilettage pour chiens, conductrice de bus, interprète...

 

 

C’est que la mauvaise orientation scolaire, la non reconnaissance des filières adéquates, des formations trop longues au regard de la nécessité financière de travailler jeune étaient d’autant obstacles à la réalisation de ce qui leur apparaît aujourd’hui comme des « rêves ». Certaines ont bien tenter d’obtenir une formation dans la branche la plus proche de ses aspirations, quand elles osaient en exprimer, mais partout où elles ont frappé, on les a découragées, les orientant vers des formations longues et payantes, qu’aucune ne pouvait s’offrir. Les compromis que les femmes peuvent faire se heurtent à la « tolérance sociale et collective » qu’on peut avoir du travail des femmes. Il ne va pas encore de soi, à plus forte raison, sous la pression lourde du chômage, que l’assignation sociale des femmes ne soit pas d’abord la famille.

Cette scolarisation des filles a en fait renforcé les différences entre garçons et filles puisque les cursus étaient différenciés selon les sexes. Les valeurs du modèle classique: chasteté, modestie, tenue, discrétion dans les discussions et dans l'alimentation feront parti des programmes des enseignements dans les cursus des filles. Mais, face à l'éducation "de façade", "l'utilité domestique" et les "travaux propres au sexe" se sont renforcés et sont devenus l'axe principal de la formation scolaire des femmes pendant de nombreuses années.

 

 

      Alors que les femmes s’insèrent davantage dans le système scolaire, elles subissent néanmoins des discriminations et celles-ci les poursuivent jusque sur le marché du travail.

Ainsi, malgré cette envolée de la scolarité féminine, les femmes restent concentrées dans des filières scolaires, mais aussi dans des emplois très peu diversifiés. Six catégories socioprofessionnelles regroupent environ 60 % de femmes. Elles sont toutes situées dans le secteur tertiaire. Hommes et femmes se situent donc tout simplement dans des segments différents du marché du travail.

Dans ces segments du marché du travail, l'adéquation diplôme-emploi serait différente. Dans les secteurs industriels où sont massivement concentrés les hommes, il y aurait une assez bonne adéquation entre le niveau de diplômes et la qualification de l'emploi. Au contraire, dans les métiers féminins, et surtout quand on pense aux métiers de bureau, cette relation se distend et il y a une mise en concurrence entre des femmes qui possèdent des niveaux de diplômes assez divers. Ce qui se passe, c'est que les femmes les plus diplômées sont recrutées, alors que les femmes qui possèdent un niveau de diplômes normalement adéquat sont déclassées, voire évincées du marché du travail.

 

Au XIXe comme au XXe siècle, quand les femmes commandent, c’est à d’autres femmes. Les voies de la promotion sont étroites et à peine 5 % d’entre elles accèdent à ces fonctions de préparation, de surveillance, de contrôle du travail, comme contremaîtresses ou chefs d’équipes. Si cela correspond au taux d’encadrement des usines, les hommes peuvent fuir vers d’autres emplois pour effectuer une mobilité professionnelle ascendante. Par ailleurs, pour les femmes, la promotion n’est pas forcément définitive : quittant une entreprise, la moitié d’entre elles redeviennent simples ouvrières, ce qui ne semble pas être le cas des hommes qui peuvent négocier leurs acquis de carrière à l’extérieur des murs de l’entreprise.

Dans tout ce qu’elles représentent d’usant, de sale et de vil, certaines machines sont réservées aux femmes et ce, dès leur apparition. Les qualités attribuées à ces métiers mobilisent des savoir-faire définis comme féminins, comme la rapidité, l’endurance, la subordination aux rythmes des machines ; mais ces caractéristiques ne sont pas légitimées par leur inscription dans les conventions collectives, ni donc monnayables.

De plus, même ayant eu les avantages d’une évolution de leur éducation et l'accès croissant aux études supérieures, les années cinquante verront l'apogée de la mère-maîtresse de maison et de la discrimination professionnelle par la féminisation de certains emplois.

Par ailleurs, alors que les itinéraires d’insertion des filles et des garçons sont très proches lorsqu’ils ont franchi le niveau du baccalauréat, les filles peu diplômées trouvent beaucoup plus difficilement que leur homologues masculins un premier emploi : dans la génération née dans les années soixante, 9% des garçons mais 18.5 % des filles munis d’un CAP ou du BEP ont attendu trois ans au moins après la fin de leur scolarité pour obtenir un premier emploi de plus de six mois. C’est le cas de seulement 3% des garçons et de 5% des filles titulaires d’un diplôme supérieur.

On constate en outre la surqualification des femmes à l’embauche : elles accumulent les diplômes avant l’âge des enfants, anticipant les risques de prendre du retard au début de leur vie active du fait des maternités. Les filles intériorisent leur future double vie ainsi que les attitudes des employeurs à leur égard. Elles évitent les formations industrielles qui mènent aux métiers ouvriers, où l’écart de salaire leur est plus défavorable pour leur préférer les formations commerciales ou générales, qui mènent aux métiers de services, où elles obtiennent les deux tiers des emplois créés.

 

 

      Récemment, l’évolution de l’éducation permis une meilleure égalité entre hommes et femmes, pourtant, des inégalités subsistent encore et toujours…

Les femmes montrent également aujourd’hui leur intelligence : 38.9% des filles d’une génération obtiennent le baccalauréat général contre 26% des garçons ; et 56.1% des étudiants de l’enseignement supérieur sont des filles.

 

En mars 1998, 25 % des femmes actives détenaient un diplôme supérieur au baccalauréat contre 20 % des hommes, ces derniers étant plus souvent diplômes de l’enseignement professionnel C.A.P.- B.E.P.

 

Les filles représentent 55% des diplômés en 1997. Mais seulement 42% des terminales scientifiques et 25% des classes préparatoires scientifiques et 22% des élèves des écoles d'ingénieurs. Depuis un siècle la part des femmes qui suivent des études supérieures dans les filières scientifiques fondamentales n'a pas changé. Les métiers techniques doivent être présentés sous un jour différent pour qu’ils attirent un plus grand nombre de femmes. Il est indispensable d'encourager les femmes à se tourner vers les domaines scientifiques et techniques si l’on veut conjurer la menace d’une pénurie de certaine qualification à l’avenir.

 

Il y a certes plusieurs filières de formation des ingénieurs, et aujourd'hui les femmes constituent à peu près 20 % des diplômés toutes filières, toutes écoles confondues. Pour autant, en entrant dans ces professions, les femmes n'occupent pas les mêmes emplois ni les mêmes fonctions. C'est ce qu'on appelle la ségrégation horizontale. Et surtout elles n'ont pas les mêmes carrières. En ce qui concerne les emplois et les fonctions, on trouve chez les ingénieurs par exemple les femmes plutôt dans les services " recherche étude ", et moins dans les services production stricto sensu. On pourrait multiplier les exemples. Le plus frappant, c'est que les femmes ne font pas les mêmes carrières ; elles n'accèdent pas aux positions les plus élevées dans la hiérarchie et encore moins aux positions d'autorité. A cet égard, on utilise l'expression " plafond de verre " pour nommer cette espèce de frontière invisible qui n'est pas dépassée. 

 

Le poids de l’origine sociale

Réussite scolaire et sociale des jeunes adultes (1) selon le groupe social et le diplôme du père

Groupe social et diplôme du père

Filles

Fils

% diplomés > Bac + 2

% cadres

% diplomés > Bac + 2

% cadres

Cadres diplômé du supérieur

39.4

33.4

51.1

55.1

Cadres niveau bac

27.5

25.1

30.3

38.6

Cadres sans bac

15.2

10.4

21.7

30.4

Ouvrier de niveau bac ou +

11.3

8.3

15.4

21.2

Ouvrier de niveau secondaire

5.3

4.7

4.7

8.4

Ouvrier sans diplôme

2.3

2.2

2

3.7

(1)jeunes adultes de 27 à 32 ans révolus au 1er Janvier 1990

Lecture : sur 100 filles de cadres diplôme du supérieur, 39.4 ont obtenu un diplôme supérieur à bac + 2 et 33.4 sont devenues cadres

 

Il y a une inégalité d’accès aux études selon le sexe, mais aussi selon la catégorie du père et son niveau de diplôme et aussi en ce qui concerne l’accès à la position de cadre. Comme l’indique le tableau, seulement 39.4% des filles ayant un père cadre et diplômé du supérieur ont des diplômes supérieur à bac + 2 contre 51.1% des garçons. De plus, elles ne sont que 33.4% à devenir cadre avec la même position hiérarchique et le même niveau de diplôme concernant le père alors que 55.1% des garçons dans la même situation accèdent à ce poste.

 

 

En conclusion, nous pouvons dire que l’enseignement s’est finalement ouvert aux femmes avec néanmoins des différences en ce qui concerne le choix des filières et des orientations qui n’étaient pas tout à fait libre, entraînant la concentration des femmes dans le secteur tertiaire, à faible rémunération, à faible position hiérarchique, à faible promotions, même si quelques exceptions parviennent à acquérir une mobilité sociale et professionnelle ascendante. Ces inégalités persistent encore aujourd’hui, malgré une amélioration du système éducatif.