ET LES GUERRES

ACCUEIL

 

PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

Commentaires !

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La 1ere guerre mondiale

 

       La Première Guerre mondiale a signée l’arrivée des femmes sur le marché du travail

Le travail féminin est alors le bienvenu, quand les hommes sont au front ou prisonniers ou quand la France a besoin de se développer

 

 

Le travail féminin dans l’industrie :

 

En 1914, déjà 7,7 millions de femmes travaillent. La guerre sensibilise le travail des femmes car la pénurie de main-d’œuvre correspond à la nécessité, pour de nombreuses femmes de travailler. A la fin de l’année 1917, le personnel féminin dans l’industrie et dans le commerce dépasse de 20% son niveau d’avant guerre. La part de la main-d’œuvre féminine passe de 32 à 40% environ. Pour faire admettre les femmes dans l’industrie de guerre, il a fallu vaincre la méfiance des industriels, multiplier les circulaires, ouvrir des bureaux d’embauche et faire de nombreuses affiches. Le bulletin du ministre du Travail de janvier-février 1918, souligne qu’après avoir été affectées à des tâches en rapport avec leurs aptitudes physiques, les ouvrières sont adaptées à des travaux divers. « Actuellement, elles exécutent, soit aux machines, soit comme manœuvres (ouvrière qui ne fait pas de gros ouvrages), la plupart des opérations, depuis le moment où la matière première de l’usine jusqu’à celui où elle est expédiée sous forme de produits manufacturés ». Début 1918, les femmes forment un quart de la main-d’œuvre dans l’industrie de guerre. Quatre cent trente milles munitionnettes venues de tous les horizons couturières, ménagères, artiste au chômage, jeunes filles sans travail sont attirées par les hauts salaires : véritable transfert de main-d’œuvre, sans lien aucun avec les capacités de chacune. Les ouvrières donnent très vite satisfaction : « Si les femmes qui travaillent dans les usines s’arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre » aurait dit le maréchal Joffre.

Les femmes sont minimes dans la fonderie ou l’aéronautique, cependant elles sont très nombreuses dans la fabrication des obus (on les appelle les obusettes), cartouches, grenades et fusées, employées comme manœuvres aux travaux mécanique en série et à la fabrication des pièces fines ou à la vérification. Là où leurs rendements sont les plus élevés.

Les industriels doivent moderniser leur outillage et réorganiser le travail pour l’adapter à cette nouvelle main d’œuvre. Des appareils de levage et de manutention, des machines automatiques apparaissent dans tous les secteurs : machines à décharner dans les mégisseries, encolleuses dans l’industrie cotonnière, etc.

 

 

Les industriels affectent les ouvrières à des tâches délimitées et organisent la production en série. On découvre les « qualités féminines » : aptitude aux travaux monotones, patience et habileté…

Les accidents de travail sont très fréquents dans les usines de guerre, et les femmes y paient un lourd tribut.

Les midinettes de la couture sont mal payées. Elles obtiennent après 14 jours de grève au printemps 1917, la semaine anglaise (semaine de travail qui comporte le samedi et le dimanche comme jour de repos) et des contrats collectifs de travail. Deux ans avant la loi du 23 avril 1919 qui généralisera les conventions collectives, les ouvrières à domicile de l’industrie de vêtements, qualifiées par Edouard Herriot de « victimes les plus lamentables de la guerre », avaient obtenu l’institution de minima de salaires horaires et à la pièce.

Il y a en France, une expansion continue de l’emploi d’ouvrière dans la métallurgie, particulièrement dans la métallurgie légère, après 1920, elle se fait dans le cadre d’une segmentation sexuée du travail qui attribue aux femmes le travail répétitif et déqualifié. Là comme ailleurs la guerre a plutôt contribué à une accentuation des différences sexuelle.

 

Quatre cent trente milles femmes travaillent dans les industries d’armement.

A l’arrière on assiste à une sorte de mobilisation féminine, sans précédent. Dans les administrations, dans les usines, dans les ateliers, partout les femmes remplacent les hommes.

Dans cette longue phase industrielle, la guerre de 1914-1918 tient une place à part, même si ses retombées ne sont pas aussi radicales qu’on le dit sur l’activité des femmes. La mémoire collective a retenu de ces années un afflux des femmes dans les usines, tout particulièrement les usines de guerre et de munitions qui embauchent plusieurs centaines de milliers de « munitionnettes ». Bien sûr, elles sont 100.000 dans la Seine –contre à peine 10.000 dans les entreprises métallurgiques et mécaniques en 1914-, un tiers des salarié(e)s de ce secteur, et 420.000 dans la France entière en 1918. Mais elles n’arrivent pas toutes sur le marché du travail : en 1915, un tiers des munitionnettes interrogées dit déjà connaître le travail en usine. D’ailleurs, les chiffres du recensement de 1911 affichent bien déjà 2.063.000 ouvrières et encore 880.000 patronnes de l’industrie et du commerce, 715.000 employées et 789.000 domestiques. Il en est parmi elles qui changent de secteur, tout comme entre sur le marché du travail une partie des 6,3 millions de femmes de 15 à 64 ans déclarées inactives. Au moment de la mobilisation, la population industrielle baisse de 20 %, quand il faut produire, surtout des armes. Certaines usines se créent de toutes pièces, comme celle d’André Citroën, quai de Javel : modernes, rationalisées, tendant vers la monoproduction d’obus de 75 mm, elles peuvent employer jusqu’à 80 % de femmes dans certains ateliers. Ailleurs, la main-d’œuvre masculine est encore largement nécessaire, comme chez Renault où les ouvrières ne sont que 30 % ou chez Blériot, 10 %. Et il n’y a pas que Paris. Les autres grands centres industriels sont aussi sollicités, à plus forte raison après l’occupation du Nord. A Lyon, à St Etienne, dans la basse Seine, dans la vallée de la Romanche, dans le sud de la France travaillent des femmes parfois logées dans des cantonnements où « de simples cloisons de bois sont insuffisantes contre le froid ; châssis des lits à même le sol ; deux ou trois occupants dans le même lit, deux châssis l’un au-dessus de l’autre ; pas de meubles pour les vêtements, pas d’eau courant et des tinettes mobiles ». La situation des femmes ouvrières inquiète, surtout sur le plan moral, mais l’inspection des cantonnements n’est créée qu’en 1916.

 

 

Les « munitionnettes » sont les mieux payées des femmes, leurs écarts moyens de salaires d’avec les ouvriers masculins se réduisent : de 50 % en 1913 à 20 % en 1917, un thème qui alimente les conversations du café du Commerce : on y dit que les ouvrières souhaitent une guerre longue.

Des années de guerre, l’opinion publique a retenu la forte présence féminine dans les industries mécaniques et dans les bureaux, mais en 1917 leur taux d’activité n’est pas estimé à plus de 60. Leurs accès à des métiers interdits frappe bien sûr les imaginations  là, le passage des femmes sera bref, il leur faudra attendre encore un demi-siècle pour y accéder à nouveau. Mais, ailleurs, les femmes gardent leur place, en particulier dans les usines au travail recomposé par l’organisation scientifique du travail et la mécanisation.

 

            Le travail des femmes dans l’agriculture

 

Avant la guerre les femmes ne s’occupaient pas des récoltes, c’était le travail des hommes. Le 7 août 1914, Viviani, le président du Conseil, fait appelle aux femmes pour qu’elles achèvent la moisson puis qu’elles entreprennent les travaux de l’automne. Elles ont accompli l’essentiel du travail dans un grand élan patriotique et avec un sens nouveau de la solidarité. Le travail repose sur les 3,2 millions d’agricultrices, ouvrières agricoles ou femmes d’exploitant. Les femmes deviennent maréchal-ferrant, garde champêtre, boulangère comme Madeleine Deniou d’Exoudun qui, pendant des mois, fait avec son frère de 14 ans, 400 kg de pain par jour.

Toutes les villageoises travaillent pour le salut de la France. Du fait de la guerre, 850 000 femmes d’exploitants, un bon tiers de celles déclarées au recensement de 1911, se trouvent à la tête de l’exploitation et 300 000 femmes d’ouvriers agricoles ont à charge une famille. Elles ont de lourdes responsabilités auxquelles elles étaient peu préparées (décider des productions, diriger la main d’œuvre, vendre), sauf sur les petites exploitations des régions pauvres qui connaissaient des migrations masculines plus importantes. En Dordogne, il y a même des cas où elles ont amélioré la valeur de l’exploitation et sont arrivées à payer des dettes antérieures à la mobilisation.

Chefs d’exploitation ou pas, les paysannes joignent aux tâches qui leur étaient traditionnellement imparties une grande part des travaux d’hommes, même ceux qui exigent de la force ou un long apprentissage.

Partout les femmes ont labourés, semé, hersé, fauché à la main ou à la machine, rentré les foins. Des instruments agricoles qui ne leur étaient jamais confiés leur deviennent familiers, comme la faucheuse, la moissonneuse lieuse, la batteuse

 

1916

 

En Franche-Comté, elles abattent le bois, chargent les voitures conduisent les attelages.

En Bourgogne, « la Vie féminine les a vue à l’œuvre à la taille en culottes, ou au travail de sulfatage, plus tard à la vendange, au pressoir et même tonnelières, ce qui est exceptionnel ».

En Dordogne, la femme aurait remplacé l’homme dans la proportion d’1/3, en Charente dans la proportion des 4/5ème, dans les Basses-Pyrénées des 9/10ème.

Pour laisser le moins possible de terres en friches, susceptibles d’être réquisitionnées par la commune, les paysannes s’épuisent au travail. La réquisition des animaux de trait, chevaux et bœufs ne facilite pas les choses, et toutes n’ont pas les moyens même en se groupant de se mécaniser. Il y a eut des membres sectionnés par la faucheuse, des mauvais coups et des chutes, les maladies aussi contractées par fatigue, des fausses couches et des naissances prématurées. Les outils étaient inadaptés aux femmes.

Il y a cependant des femmes qui quittent les campagnes et deviennent citadines. De paysannes elles se font ouvrières.

La guerre ne semble pas avoir émancipées les femmes proprement dit mais a accentué son phénomène, et encore moins aboli la « distinction entre métier masculins et métiers féminins »- comme le souhaitait Madeleine Pelletier (une féministe)-.

Ailleurs, les années de guerre sont une brève recomposition d’une partie de secteurs d’activité en faveur des femmes. Sur les 8 millions d’hommes mobilisés en quatre ans, la moitié se trouve dans les unités combattantes ; l’autre est mobilisée à l’arrière. Dans l’agriculture point de nécessité d’avoir de ces paysans-mobilisés estime le ministère de la Guerre (il faut attendre 1917 pour la démobilisation des agriculteurs de plus de 46 ans et des pères de plus de cinq enfants) : il reste dans les campagnes 1,5 million d’hommes, jeunes et vieux, exemptés, prisonniers de guerre travailleurs étrangers et 3,2 millions de femmes.

Mais les hommes veillent quand même, ceux des fratries restés sur place et aussi les maris qui écrivent, parfois chaque jour : « Sème comme je te l’ai dit ; écris-moi au fur et à mesure des morceaux que tu a fait » ; ou « C’est bien compris : d’abord les bœufs, puis le carré de luzerne, puis le jardin ; tu en as pour huit jours. Je te renverrai sur ta lettre ce qu’il faut faire l’autre semaine ».

 

Dans les campagnes comme dans les villes, des métiers exclusivement masculins en temps de paix basculent sous la responsabilité des femmes : aidées souvent par un grand fils ou un jeune frère, elles deviennent bouchères, gardes champêtres, prennent en charge les classes de garçons dans le primaire et le secondaire. Dans les services publics, les usines, les mines, des ouvriers-mobilisés aux compétences techniques spécifiques sont rapatriés du front. Mais pour les métiers peu qualifiés, vite appris, voire interdits dans le cadre des conventions collectives, les femmes sont là. Les crieuses de journaux renouvellent les mœurs de leurs confrères ; « plus les courses échevelées le long des boulevards, plus de cris indistincts et assourdissants où se complaisaient naguère les vendeurs de journaux ; elles circulent comme tout le monde et d’une voix nette et posée offrent leur marchandise ; quelques-unes font même preuve de psychologie et annoncent les bonnes nouvelles ».

 

                 Le travail féminin dans les transports

 

Au début de la guerre le Syndicat des transports parisien s’est opposé à l’embauche d’un personnel féminin. Mais les Parisiens en ont vite assez d’attendre des heures une hypothétique voiture ou d’aller à pied ; habitués aux moteurs, ils n’aiment guère non plus pédaler dans les rues ou appeler un cocher qui ressort son fiacre avec bonheur. Même si au début les syndicats s’y sont opposé, les femmes ont obtenu du préfet de la Seine en août 1914 l’autorisation d’être employées comme receveuses sur voitures, les compagnies de transport demandent et obtiennent en 1915 celle  de les utiliser comme wattwomen (conductrice d’un véhicule électrique), à l’image de la province, mais à condition de reprendre leurs employés mobilisés à la fin des hostilités.

Dans les tramways parisiens, il y a en 1915, 2 670 femmes au côté de 8 000 hommes ; et 5 800 en 1917. Elles sont vêtues d’un costume sombre et d’un calot, la sacoche en bandoulière, la planche à ticket d’une main, l’extrémité de l’index de l’autre main gantée de caoutchouc pour détacher aisément les papiers multicolores, les receveuses circulent entre la foule pour percevoir le prix des trajets, sautent en marche à chaque changement de direction pour manier rapidement la lourde barre de fer qui fait basculer l’aiguille, et manoeuvrent la perche en fin de course.

Les conductrices, qui ont un travail moins fatiguant suscitent plus de méfiance et des commentaires acerbes au moindre incident. Pourtant malgré une formation qui dure au plus 8 jours, elles font preuve d’une maîtrise et d’un sang-froid inattendus. Le 3 septembre 1917, le directeur de la compagnie des omnibus confie à un journaliste sa satisfaction : « Malgré leurs connaissances, on pouvait redouter que l’insuffisance de leurs moyens physiques, la faiblesse certaine de leurs nerfs ne vinssent en des conjonctures soudaines et critiques leur enlever tout ou partie de leur libre-arbitre. Il n’en a rien été. Nos conductrices sont sûres d’elles-mêmes, calmes en présence de l’obstacle inattendu, promptes et précises en leurs décisions. Le pourcentage des accidents n’a pas augmenté depuis que nous les employons. »

Le métro n’emploi pas de conductrices, à cause des complications du système de signalisation et des petites tâches de réparation. Mais 2 000 femmes environ y travaillent et un millier au Nord-Sud. Elles vendent et poinçonnent les billets, nettoient les voitures ou bien encore sont surveillantes de contrôle dans les stations ou gardes de voiture : le plus pénible et alors de lutter avec les clients qui veulent monter en surcharge. On les estime moins productrices et perçoivent donc par jours 1 Franc de moins que les hommes. Tandis qu’au tramway, les femmes perçoivent le même salaire que les hommes, mais les journées de repos ne leur sont pas payées, bien que tout le monde répète que les travailleuses ne doivent pas négliger le foyer les enfants.

Durant les quatre années de guerre, les femmes vont assurer la quasi-totalité des tâches réservées jusque là aux hommes. On trouve ainsi des factrices, des chauffeuses de locomotives, des allumeuses de réverbères, des conductrices de tramways. Il y en a même qui deviennent mécaniciennes de locomotives. Certaines ont pris en charge des hôpitaux, des bibliothèques, des services d’entre-aides.

 

Exemple de répartition du personnel dans une société de construction mécanique

Année

% hommes

% femmes

Mars 1914

91,8

8,2

Mars 1915

95,5

4,5

Février1916

75,25

24,75

Mars 1917

74,6

25,4

Avril 1918

77,3

22,7

Février 1919

79,7

20,3

Octobre 1925

77,7

22,3

 

N’oublions pas, par ailleurs, la forte présence féminine dans un monde d’hommes, sur le front et à l’arrière auprès des blessés, avec les « anges blancs », ces infirmières qui soigneront trois millions de soldats blessés. On compte sans doute 100.000 femmes soignantes, dont des dizaines de milliers bénévoles de la Croix-Rouge et autres associations, et encore 10.000 sœurs congréganistes

 

Les femmes sont assignées aux travaux de nettoyage et de manutention, aux travaux en série qui se mécanisent grâce à l’impulsion du ministère de la Guerre : soudure, polissage, conduite des presses et des ponts roulants... Les conditions de travail sont terribles, il n’y a plus de limitation de la journée à 8 heures, d’interdiction du travail de nuit, de repos hebdomadaire : 12 heures par jour, deux jours de repos par mois, puis, en 1917, une circulaire qui demande la journée de 10 heures, l’installation de sièges, la journée du dimanche, si possible. Le turn-over est fort, les rendements parfois mauvais. Pour limiter ces contraintes, les salaires comportent des minima et des primes de productivité.

 

La prise de conscience

La première guerre mondiale a entraîné une rupture importante dans l'ordre familial et social, avec l'ouverture de nouvelles professions aux femmes. Certaines historiennes ont ainsi considéré cette période comme propice à l'émancipation des femmes car les relations entre les genres ont été profondément modifiées, malgré le statu quo étatique du mouvement antérieur: c'était "l'ère du possible". Pour la plupart des femmes, le fait de vivre seule, sortir seule et assumer seule les responsabilités familiales a créé un grand bouleversement. Mais, il est vrai que cette période n'a été qu'une parenthèse avant le retour à la "normalité". Cette expérience de liberté et de prise de conscience de leurs capacités et de leur indépendance économique a donné aux femmes un apprentissage, individuel et collectif. Nous ne possédons pas encore d'études permettant de mesurer les répercussions sur la deuxième génération mais l'intégration des femmes aux professions supérieures a été bien réelle. En France, par exemple, les jeunes filles peuvent entrer dans la plupart des écoles d'ingénieurs et de commerce et s'inscrire à l'université de médecine ou de droit.

La mode reflète ces évolutions: simplification des vêtements, disparition du corset, raccourcissement des jupes pour faciliter les mouvements. Mais l'expérience de la guerre a été bien différente pour les femmes. Cette guerre a permis à certaines femmes d'affirmer leur personnalité et de prendre conscience de leur force alors que d'autres aspiraient au replis familial. 

Certains pensent pourtant que ces événements n'ont produit que des changements superficiels sans que les rôles sociaux ne soient vraiment redéfinis. En effet, ils considèrent que la mobilisation des hommes a permis de renforcer les sentiments familiaux et le mythe de « l'homme protecteur » de la mère patrie et des siens et, que d'autre part, les femmes ont répondu par des tâches de "remplacement", de "service" (l'abnégation de l'infirmière et de la mère sont les exemples les plus cités pendant la guerre) renforçant ainsi le rôle traditionnel des femmes. L'intégration provisoire des femmes à l'industrie de l'armement a permis aux patrons de découvrir les qualités des femmes pour le travail à la chaîne et, une fois la guerre terminée, certaines structures d'apprentissage vont se développer en France. Mais nous ne pouvons oublier que cette situation s'accompagne de discours patriotiques sur les valeurs de la famille et de politiques natalistes. Ainsi, les positions hostiles au travail des femmes, à leur émancipation et au féminisme se durcissent. On considérait qu'il fallait rendre aux combattants le monde pour lequel ils avaient lutté, dans lequel les femmes n'avaient pas changé.  

 

            Ainsi, la grande guerre a été à l’origine de l’émancipation de la femme française. Les hommes partis au front, elles ont pris leur destin en main et les ont remplacés dans divers domaines : économique, politique, social ainsi qu’au sein de chaque famille. Elles ont pris le rôle de chef de famille et ont prouvé ainsi aux hommes qu’elles pouvaient les remplacer. Elles n’accepteront plus d’être soumise à leur volonté. Les emplois féminins se sont très largement développés. Les capacités des françaises et leur sérieux ne sont plus à prouver. Cette transformation se caractérise de diverses façons : au niveau vestimentaire (jupes courtes et cheveux courts), de leur attitude sociale (la femmes lit, joue, fume, fait du sport, sort et voyage seule), idéologique (elle est indépendante, revendicatrice). Mais plus la femmes réclamera des droits plus ses devoirs augmenteront. La jeune génération des hommes de cette époque décimée, les femmes seront amenées à avoir une vie plus solitaire et à poursuivre leur émancipation.