ET LES GUERRES

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PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

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L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-L'entre deux guerres

 

            Les trois premiers quarts du XXe siècle ne sont pas très déterminants pour l’évolution de la condition féminine et, d’une guerre à l’autre, les changements ne sont en rien articulés dans des réformes profondes.

Des exemples en témoignent en 1919, les travailleuses, appelées à faire fonctionner le pays pendant la guerre, sont renvoyées dans leurs foyers avec la consigne de repeupler la France.

 

 

Durant l’entre-deux-guerres l’activité féminine a diminuée. En effet, pour la comptabilisation de l’activité féminine, une attention particulière doit être portée au recensement de 1926, qui marque sa plus forte décroissance depuis le début du XIXe siècle.

Notons que si entre 1921 et 1926, l’activité féminine baisse de huit points, il ne s’agit jamais que de 332.000 femmes, sur 7,2 millions, ce qui est peu ; de plus, au recensement de 1931, on enregistre déjà 87.000 actives supplémentaires.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder les chiffres des recensements : entre celui de 1911 et celui de 1921, le nombre de femmes recensées sur le marché du travail ne bouge pas : 7.217.000 en 1911, 7.213.000 en 1921.

Il faut donc largement nuancer cette baisse d’activité des femmes qui suit la Première Guerre mondiale ; il ne s’agit en rien ici d’un retour à la maison, mais d’une crise agricole doublée de restructurations industrielles et d’un rétrécissement de la pyramide des âges des actives. Si on regarde la part de la population active féminine hors agriculture, c’est 58 femmes actives pour 100 hommes en 1911, puis 61 en 1921, pourcentage qui se stabilise ensuite à 55 %. Les femmes sont bien, au minimum, 30 % de la population active.

 

La répartition des femmes dans les différents secteurs

Après la guerre, on assiste en France à une féminisation progressive du secteur tertiaire. Dans ce secteur, les femmes étaient pour la plupart issues de la bourgeoisie et elles étaient amenées à travailler pour pallier les revers de fortune. Contrairement à leurs mères, ces femmes réussiront à obtenir une indépendance économique. Dans les années 1920 et 1930, l'accès des femmes à l'enseignement secondaire a fortement augmenté. En France, en 1919, l'entrée des femmes à l'université est favorisée par l'instauration d'un baccalauréat féminin et en 1924, les baccalauréats masculin et féminin sont similaires

 

De plus, lors des trois recensements qui précèdent la grande crise économique (1921, 1926, 1931), deux secteurs apparaissent déjà touchés : l’agriculture et l’industrie. Dans l’agriculture, entre 1921 et 1926, ce sont 134.000 femmes qui disparaissent, mais aussi 230.000 hommes, chiffres qui montrent les difficultés d’un secteur où la déperditions continuent ensuite de s’accentuer : moins 172.000 femmes et moins 279.000 hommes en 1931. Parallèlement, 59.000 femmes quittent l’industrie en 1926 (mais 12.000 y entrent à nouveau en 1931). De fait, cette forte baisse correspond au déclin accéléré du travail des étoffes (couturières, giletières, lingères et modistes). Dentelles et broderies, soit, dans des secteurs désormais mécanisés, 178.000 actives de moins entre 1921 et 1936. Pour les employées, la perte est de 139.000 entre 1921 et 1926, avec en revanche une profession de 243.000 femmes en 1931 ; pour les domestiques, pour une partie probablement employées dans les fermes, le secteur perd 57.000 femmes en 1926, mais en regagne 14.000 en 1931. En revanche, les patronnes du commerce progressent de 88.000 unités durant ces dix ans, attestant que ce secteur est bien celui du repli pendant les crises, des rurales comme des ouvrières.

Par ailleurs, dans les années 1920-1930, les femmes représentaient 70% des employés de ce secteur. Mais, comme pour les autres activités salariées, la participation des femmes aux professions sanitaires et sociales est marquée par deux caractéristiques: leur exclusion pendant des siècles des professions les plus qualifiées (médecine, pharmacie, odontologie, médecine vétérinaire) et une ségrégation horizontale du travail pour les autres activités, ségrégation qui les a cantonnées dans des professions considérées comme féminines (infirmière ou sage-femme) mais qui a également créé des domaines réservés dans les professions traditionnellement masculines. On observe, par exemple, une concentration des femmes médecins dans les spécialités telles que pédiatre, laborantine ou médecin généraliste, de sorte que les spécialisations en chirurgie ou cardiologie étaient jusqu'à récemment exclusivement réservées aux hommes.

 

Le chômage

Pendant la crise des années 1930, les femmes sont bien sûr atteintes par le chômage, qui culmine en 1935 avec l’augmentation de la durée de non-emploi. Comme les hommes, elles sont touchées de manière différenciée : les plus âgées sont les plus licenciées, quand les plus jeunes, plus mobiles, trouvent à se réemployer. Certains secteurs, gros employeurs d’ouvrières, sont relativement protégés comme les industries alimentaires et chimiques où les effectifs croissent entre 1931 et 1936 ; l’activité moyenne augmente aussi dans le travail des métaux, quand les secteurs les plus exposés sont la parfumerie, le papier carton, le vêtement, où les femmes sont nombreuses. Pourtant, les organisations patronales ont tenté des pressions pour limiter le travail des femmes mariées et organiser méthodiquement leur remplacement. C’est ce que le Groupement des industries mécaniques appelle supprimer le « cumul des fonctions ». L’instruction reste lettre morte, en particulier dans le secteur des industries mécaniques électriques, où les femmes occupent des emplois précis et tournent entre les différentes entreprises du secteur : soudeuses, câbleuses, monteuses, étameuses... ; les hommes ne leur sont pas substitués et continuent d’être ajusteurs, outilleurs, tourneurs...

 

 

         Ainsi, pendant l’entre-deux-guerres, tous les progrès acquis par les femmes ont été progressivement réduits. On assiste au fur et à mesure à une tertiarisation de l’emploi féminin. Enfin le chômage se met à les toucher durant cette période, en conséquence du retour des survivants de la guerre.