HISTOIRE

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PARTIE I: HISTOIRE

A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

-Politique

-Travail

 

PARTIE II: ET LES GUERRES

L’IMPACT DE LA GUERRE SUR LA FEMME

-La première guerre mondiale

-L’entre deux guerres

-La deuxième guerre mondiale

 

PARTIE III: LEGISLATION

L'EVOLUTION DE LA DEMARCHE LEGISLATIVE VERS LA PARITE

-Chronologie

-L'évolution et la révision des lois

-L'implication de l'Etat, exécution et application des lois

 

PARTIE IV: AUJOURD'HUI

LA PLACE DE LA FEMME AUJOURD'HUI

-Général

-Taux d’activité féminin

-Chômage

-Précarité et CSP des femmes

-Temps partiel

-En ce qui concerne les salaires

-Travail domestique

-Politique

-Privé / Public

 

PARTIE V: CHANGEMENTS

MARCHE VERS LA PARITE??

-Revendication

-Les difficultés du changement

-Ségrégation horizontale et verticale

-Scolarité et Diplome

 

PARTIE VI: PARCE QUE...

LES RAISONS DE CETTE EVOLUTION

-Du coté de la société

-Du coté de la pensée féministe

 

CONCLUSION

 

LIVRE D'OR

 

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A PARTIR DU XVIII EME SIECLE

-Soumission et exclusion

 

Partout dans le monde occidental, la femme est soumise au mari.

Les valeurs fondamentales qui nous animent encore aujourd’hui sont le fruit de la religion et de la société qui, bien avant, refusaient toute intelligence ou bonne action de la part de la femme, hormis celle de concevoir les futures générations, de les éduquer et de les préparer à servir la société dans laquelle ils vivraient.

Ces valeurs ont survécu à travers le temps ; ces valeurs et ses normes respectés presque instinctivement par nous tous depuis la nuit des temps, ne peuvent être amoindris ou même annulés que par la longue action du temps ainsi qu’une réelle volonté de la part de la société de rejeter cette valeur qui tend à lui déplaire ; encore faut-il que tous les individus soient contre cette valeur et beaucoup ne sont pas prêts à abandonner les privilèges qu’elle leur accorde.

 

 

Dans les anciens temps, la vie étant tournée et réglée principalement par la religion, les populations écoutaient et suivaient les instructions de l’Eglise et des « hommes de foi », qui exerçaient de ce fait une importante influence dans les esprits.

Elles ont alors adopté ces valeurs imposées :

« La suprématie maritale est « un hommage rendu par la femme au pouvoir qui la protège.

Le mari tire sa supériorité de l’idée de fragilité du sexe féminin.

Le mari doit être « réputé juge souverain et absolu de l’honneur de la famille »

Le mari doit protection à sa femme et la femme obéissance à son mari.

L’autorité que la nature et la loi donnent au mari a pour but de diriger la femme dans sa conduite. »

Par ailleurs, l’idéologie la plus représentée consiste, au XVIIIe siècle, à considérer que l’homme est la cause finale de la femme.

En ce qui concerne le XIX ème siècle, le statut accordé à la femme est un être relatif, n’existant que comme fille, épouse et mère, une figure secondaire définie par rapport à l’homme, seul véritable sujet de droit.

 

Tout conduisait à mépriser et humilier la femme tant par son caractère maléfique, entretenu par la diffusion de la religion, que par son inintelligence dans les domaines où il le faudrait.

En outre, les femmes sont considérées comme des ennemis et on voit en elles la source de tous les maux, une luxure changeante, une tentation permanente.

 

- Particularités négatives appuyant sa faiblesse :

C’est toujours aux extrêmes qu’elle se situe, comme si une position moyenne « normale » lui était refusée. Les femmes dangereuses sont celles qui prennent la parole. Les privilèges de la femme se sont retournés contre elle : ses visions multiples du monde selon ses « humeurs-règles », la plénitude de l’attente de l’enfant, sa capacité à donner la vie en ont fait un objet/sujet de peur et ont abouti au doute sur sa capacité de penser entraînant une exclusion de tous les domaines.

Dans la sexualité de la femme, la nature se laisse aller à des débordements. Le sexe dit faible a des désirs illimités, il possède une activité de dévoration qui prend sous certains climats une expansion si menaçante que, pour la tranquillité et la paix de tous, les hommes, d’autant plus épuisés qu’ils sont polygames, mettent les femmes sous les verrous.

La femme, de tempérament froid et humide, possède des organes spermatiques plus froids et plus mous que ceux de l’homme, et puisque la froideur, selon ce que les physiciens admettent, contracte et resserre, ils demeurent internes, comme une fleur qui, faute de soleil, ne pourrait jamais éclore. Le corps féminin, défini de la sorte par son impuissance et sa débilité, ne trouble guère la vision hiérarchisée des créatures où la femme se trouve placée entre l’animale et l’homme.

Il faut également considérer l’étude et les conclusions à propos du dysfonctionnement, ce flux menstruel qui en est le symptôme le plus significatif ; les propos autorisés comme les croyances populaires attribuent à cet écoulement un mystérieux pouvoir maléfique.

Ainsi, pour la plupart des médecins, et ceux-là même qui récusent l’idée d’une imperfection radicale, l’organe identitaire de la femme explique les caractéristiques d’une physiologie et d’une psychologie très vulnérables. Le discours médical, pour avoir changé ses bases théoriques, ne s’en intègre pas moins à l’opinion commune, l’irascibilité de l’utérus se substituant au tempérament humide pour expliquer l’infériorité naturelle de la femme.

L’infériorité de la femme, enracinée dans sa différence sexuelle, va être étendue naturellement à son être tout entier et particulièrement à ses facultés intellectuelles. S’il est vrai que le privilège de la femme est la beauté, et si la raison n’est pas donnée une fois pour toutes, mais doit être cultivée, alors la femme ne peut dans un même temps posséder la beauté (qui dure si peu) et la raison (si lente à constituer). Cette inégalité entraîne nécessairement la dépendance de la femme par rapport à l’homme : « la raison ne se trouve... jamais chez elles avec la beauté. »

La belle femme est aussi la vraie femme, toujours à sa toilette, dénudée, près de l’eau, des fleurs, des fruits loin des contingences sociales, des travaux et des jours. D’ailleurs, l’exercice d’un métier dur, d’une science rigoureuse ou d’un pouvoir musclé, retire du féminin au féminin.

 

- Possession de l’homme :

Elle est l’objet de la définition la plus attendue : « c’est la femelle de l’homme ». L’homme est un être qui sent, réfléchit, pense, doté d’un corps et d’une âme, capable de bien et de mal, et en ce sens c’est un être moral, il vit en société, se donne des lois et quelquefois des maîtres, et en ce sens l’homme est un animal politique. Différences que la nature a imposées entre l’homme et la femme : le sexe, la force, la longévité, etc. La femme est définie fondamentalement comme la possession du mari. Le but de l’association sociale étant la procréation et la conservation de l’espèce, le père et la mère contribuent à réaliser cette fin naturelle, mais « il est essentiel que l’autorité du gouvernement appartienne à l’un ou à l’autre ». Il reste que la femme en se mariant, accepte la convention et donc la soumission une servitude domestique volontaire.

- La beauté de la femme :

La femme est également définissable par l’art de plaire, l’agrément, l’imagination, le goût de la domination, de l’autorité qu’elle ne peut satisfaire que par des voies détournées, l’artifice et cet art suprême, la coquetterie, qui semble bien un fait primitif.

La femme n’est enviable que lorsqu’elle est belle, car elle exerce un pouvoir qui suscite non seulement le désir de possession mais aussi celui d’identification : « être elle ! »

La beauté féminine est une menace de ruine et de damnation. Si l’on aborde les apparences corporelles, maquillage, costume, parure, voici la femme au premier rang. Cependant, Le sexe féminin fait l’objet d’approches ambiguës. Une fois soulignés sa beauté, son charme, cet attrait irrépressible qu’il exerce sur l’autre, c’est sur sa faiblesse, sa pusillanimité, sa coquetterie – toutes qualités physiques et morales confondues- que les textes insistent. Les inconvénients du sexe se traduisent d’abord par une servitude physiologique qui poursuit la femme jusqu’au moment où elle n’est plus féconde.

 

 

Considérons aussi l’impact de l’iconographie, qui offre les images de ce couple terrible, un corps d’autant plus périssable qu’il est beau, doré, nacré. L’étreinte du squelette est absolue, bien plus étroite que toutes les étreintes amoureuses puisque ce squelette sans sexe, cette pourriture à venir se situe à l’intérieur même du beau corps, sous la peau...

Les images de beauté et de féminité définissent un ensemble étroit de possibilités, une présence corporelle faite d’enfance, et de mort, d’inexpressivité suspensive comme si la femme n’habitait pas son corps, comme si le beau corps en représentation annulait toute identité autre que cette vraie féminité, et cette pure beauté. La beauté ici s’oppose à la joliesse ; la jolie fille en effet peut être plus animée et loquace, brune et piquante moins diaphane et distinguée, et cette opposition s’accentue beaucoup dans les textes à partir du XVIIIe siècle.

La beauté parfaite, immobile, est aussi suspecte d’être vide, ou vaine sans esprit (ou sans âme), ou sans culture silencieuse parce qu’elle n’a rien à dire. Elle risque également d’être froide et décevante, et beaucoup d’images négatives lui sont associées, comme celles de la cruauté ou de la simple bêtise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant vouloir produire « l’effet de beauté » n’est pas futile ni le signe pervers d’une séduction mortelle, mais un mode précaire de tenter de s’en sortir et cela joue pour les deux sexes, quoique inégalement. La belle voie du jeune Jean-Jacques chantant sur les chemins lui a ouvert bien des portes salvatrices. Le charme esthétique peut sauver, à la vitesse d’un regard, mais il peut aussi perdre, et c’est bien ce problème là qui est posé par la pétition des femmes de 1798. Pour les femmes, la question de la beauté se charge souvent d’un fort coefficient de négativité, suscitant de surcroît ce « désir de souillure », de destruction (...).

 

Par ses multiples faiblesses, on les éloignait des postes de travail à responsabilité de peur qu’elles induisent les « respectables hommes » dans les coin les plus obscurs et les plus perfides, à l’image de cette figure néfaste et mauvaise tentant de les attirer vers les enfers.

 

Exclues pendant plusieurs décennies, sous prétexte de leur « infériorité naturelle » des positions les plus valorisées sur le marché de l’emploi, les femmes ont été, par contre, vivement encouragées à développer des « capacités spécifiques » à mettre en œuvre dans la sphère dite « privée », à travers leurs rôles de mères et d’épouses.

 

 

Si, par delà le temps, l’alphabétisation des femmes reste toujours à la traîne de celle des hommes, c’est que leur instruction demeure pour la société un souci secondaire. La destinée féminine assujettie à une fonction reproductrice vitale pour une population qui ne maîtrise pas la survie de ses enfants conditionne les enjeux placés dans l’éducation des filles. Elles doivent à tout prix devenir mères, et puisqu’elles seront mères autant leur inculquer, afin qu’elles les transmettent, les valeurs religieuses et morales qui fondent le corps social. Les filles apprennent finalement à lire parce que la lecture fixe les enseignements de la religion, mais la société n’a pas besoin qu’elles en sachent plus. La nécessité d’une instruction plus poussée s’impose à quelques consciences clairvoyantes, mais ne franchit pas le seuil de l’exigence collective.

 

 

Les travaux d'aiguille passaient pour une activité convenant aux femmes de tous ages et de toutes classes; ils permettaient de réconcilier la destinée domestique avec la fierté du travail et le désir d'expression de soi. Mais le titre du tableau (le travail) attire aussi l'attention sur la femme plus modeste, à droite, probablement une ame de compagnie en train de faire la lecture à haute voix.

Le travail, peinture de Jules Trayer, fin XIX e siècle, Carcassonne, musée municipal

 

 

 

Loin d’être inspiré par les soucis de promotion de l’égalité entre les sexes, l’accès des jeunes filles à l’enseignement s’est donc d’abord effectué à travers le souci d’inculquer aux futures mères  des connaissances pratiques et spécifiques aux charges familiales et domestiques qui leur été réservées.

 

La lecture est alors d’abord et avant tout un outil au service de l’instruction religieuse ; elle vient au secours des mémoires fragiles. Elle est un progrès, confortant le message chrétien que les mères transmettront donc à leur descendance. Mais elle devient suspecte aux yeux des éducateurs qui multiplient les mises en garde contre les mauvais usages que l’on peut en faire. Quand la littérature enfantine féminine naît, vers 1750, trouve ses premiers défenseurs dans le monde des préceptrices et parmi les mères éducatrices éclairées, les pratiques institutionnelles restent sur ce point bien à la traîne. Le livre, pieux objet peut devenir licencieux.

La religion impose donc la lecture aux femmes mais uniquement dans le but de prolonger son contrôle à travers le temps, tout en encadrant l’apprentissage et l’exercice de ce « savoir ». Leurs connaissances sont donc étroitement surveillées.

Pour l’enseignement secondaire, la loi dite Camille Sée de 1880 fait traditionnellement date. Il sera limité : les disciplines qui donnent accès à la pensée classique, latin, grec et philosophie, en sont bannies. Il n’est pas question de former ces filles pour ne ouverture à l’université, puis aux carrières libérales. Pas question non plus de leur donner accès aux livres qui ont formé leurs pères et leurs frères.

Dans ces cours secondaires, sont en revanches enseignés la littérature générale et un peu de sciences.

Dans les classes de filles, tout le temps de l’Ancien Régime, c'est à dire, du XVe siècle au XVIIIe siecle, la gamme des connaissances proposées garde les 3 mêmes pôles : une religion teintée de morale, les rudiments du « lire-écrire-compter » et le maniement du fil et des aiguilles.

 

Par cette soumission, cette infériorité qui la caractérise si bien, l’épouse ne peut, sans autorisation, se présenter à un examen, s’inscrire dans une université, ouvrir un compte en banque, faire établir un passeport, ou obtenir des papiers officiels, passer un permis de conduire, se faire soigner en dehors de sa ville de résidence ou dans un établissement. Elle ne peut non plus agir en justice.

Quant aux enfants mineurs, s’exerce la puissance paternelle, qu’il s’agisse de leur entretien, de leurs études, de leur travail, puisqu’ils doivent lui remettre leurs salaires jusqu’à leur majorité, fixée à 21 ans.

Jusqu’à la veille de la 2nd guerre mondiale, et jusqu’en 1965 en France, la femme doit demander l’accord de son mari pour exercer une profession « parce que nul au monde ne peut mieux connaître la portée de son intelligence ».. Vers 1900, la femme peut recourir à la justice ou à une autorité tutélaire en cas de refus, mais les tribunaux évoquent rapidement l’intérêt de la famille pour la désapprouver.

Le XVIIIe siècle s’était donc structurée dans l’exclusion des femmes et tout spécialement celle des épouses.

L’autorisation du mari est également nécessaire pour obtenir ou un passeport, Pour les femmes célibataires et les veuves sans enfants, elles ne peuvent non plus être tutrices, curatrices ou membre d’un conseil de famille ; elles ne peuvent adopter, ni être témoin aux actes d’état civil ou de testament.

La femme mariée ne peut être ni conseil judiciaire, ni arbitre ou expert. Elle ne peut être ni comptable, ni caution d’un comptable, ni responsable des deniers publics, jusqu’en 1867. Jusqu’en 1868 et la création des sociétés anonymes, les femmes ne peuvent souscrire des lettres de change et sont, par là même, exclues de la création de la monnaie fiduciaire.

On pourrait imaginer que cet ensemble législatif est celui produit par un régime autoritaire. Mais il n’en est rien. La République ne sera pas plus clémente aux femmes.

C’est ainsi que la religion donnait à la société le modèle de vie patriarcal.

Dans la société française, le rôle dévolu à l’épouse est sensiblement le même dans toutes les sociétés patriarcales.

 

 

Le modèle patriarcal, ayant dominé jusque dans les années 1970, est fondé sur la division sexuée du travail et une frontière étanche entre la sphère familiale et la sphère professionnelle. La sphère familiale produit et auto consomme. Le temps de travail féminin n’y est pas rémunéré qu’il s’agisse de la reproduction du travail domestique, de l’éducation des enfants ou des soins aux ascendants ainsi que bien souvent du travail dans l’entreprise agricole, artisanale ou commerciale familiale. Mais la maîtresse du foyer y exerce le pouvoir. L’homme « monsieur gagne pain » exécute surtout un travail rémunéré dans la sphère marchande où il exerce le pouvoir.

 

 

 

        Par ailleurs, la religion et le discours médical ne sont pas les seuls facteurs de cette soumission et exclusion. L'aspect scientifique et la philosophie ont également eu un impact sur les mentalités.

Se produit en 1848 « L'évincement de la citoyenneté »

Le XIXe siècle est bien celui de l’ouverture aux talents individuels, de l’élaboration de l’identité par le travail et par l’instruction. Il est donc logique que, du point de vue de cette société androcentré, les femmes en soient exclues, au moins dans les discours et si possible dans les faits.

Il était admis que, si le « chef de famille » avait un salaire suffisant, son épouse n’avait pas besoin de travailler « au dehors », elle avait cependant, comme « femme au foyer » une place sociale reconnue.

 

 

De plus, la philosophie romantique justifiera l'exclusion des femmes de la sphère de l'égalité, la sphère politique par excellence, en les "naturalisant", comme l'écrit Amelia Valcarcel:

 

« Il a créé une essence féminine fantasmatique et a soutenu que cette essence était précivique. Une femme est devenue une femelle de l'espèce humaine, ce qui permis à l'ensemble du genre humain de se naturaliser » (Valcarcel 1997 : 26). 

 

Ainsi, "l'égalité" de l'espèce était préservée. Face à l'individualité des sujets hommes, on a considéré un autre groupe uniforme qui regroupait indifféremment toutes les femmes: "la femme". La philosophie romantique et la démocratie ont un caractère profondément misogyne puisqu'elles dénigrent l'ensemble des femmes en généralisant les caractéristiques les plus défavorables.

Chez Rousseau et certains romantiques, la "complémentarité" entre les sexes justifie les différences hiérarchiques. La classification: femme/ nature, homme/ culture des théories normatives, non empiriques, a constitué la base de la science positive qui garantira les préjugés grâce à de nouvelles théories.  

 

En outre, de nombreuses théories pseudo-scientifiques ont voulu démontrer l'infériorité physique et, par conséquent intellectuelle des femmes. La phrénologie de Gall voulait démontrer la supériorité intellectuelle des hommes par la forme extérieure du crâne; Bischoff, limitait la période de développement intellectuel des femmes à l'enfance; Moebius auteur de L'infériorité mentale de la femme, dont le titre indiquait clairement ses intentions et a fondé son argumentation sur la taille du cerveau; Kormiloff et Melassez, ont voulu démontrer que le sang des femmes comportait moins de globules rouges, moins d'hémoglobine et plus d'eau que celui des hommes; Quételet, Wisberg, Andral et Scharling, ont misé sur une capacité pulmonaire, squelettique, vocale, etc... inférieure chez les femmes et cette infériorité physique engendrait une faiblesse et des maladies chroniques; Spencer a tenté de démontrer que l'activité intellectuelle était incompatible avec la procréation.

 

Les femmes, physiquement inférieures, seraient guidées par leur utérus alors que les hommes se serviraient de leur cerveau. La physiologie féminine: menstruation, grossesse, placerait les femmes dans un état constant d'infirmité physique qui s'accompagnerait d'une diminution de leurs facultés mentales et morales.

 

 

 

Outre ces théories, un discours sur "l'excellence" s'est développé pour légitimer la subordination des femmes. Cet éloge des qualités des femmes dans ce contexte patriarcal n'a pas favorisé l'égalité entre hommes et femmes. Ce contexte a permis de justifier au XIXème siècle et pendant une bonne partie du XXème le maintien des rôles sociaux distincts et hiérarchiquement ordonnés des hommes et des femmes, et la persistance de deux modèles d'éducation, en fonctions des différences de genre.

 

Enfin, on observe l’existence d’un modèle important, le modèle de « l'homme pourvoyeur principal des ressources» :

Le modèle fort de « l'homme pourvoyeur principal des ressources» est ainsi caractérisé par la norme de l'inactivité professionnelle féminine. Ici, l'Etat intervient (ou s'abstient d'intervenir) pour favoriser une répartition spécifique des hommes et des femmes selon laquelle les hommes en âge de travailler se consacrent uniquement à l'activité professionnelle et les femmes (mariées ou mères de famille) se consacrent prioritairement à la prise en charge (gratuite) des responsabilités domestiques et familiales. Dans ce cas précis, les femmes accèdent aux droits sociaux (santé, retraites, etc.) de manière indirecte - elles possèdent uniquement des « droits dérivés » de ceux de leur conjoint. L'Etat intervient directement pour décourager l'activité professionnelle des femmes mariées et/ou mères de famille, qui sont considérées à priori comme des « adultes dépendants ». Ainsi, le système fiscal pénalise à la fois les couples non-mariés et les couples à double revenu. Du point de vue de la prise en charge de la garde et de l'éducation des enfants, cette version du modèle renvoie aux solutions privées et/ou familiales. Ce modèle repose donc sur une différenciation forte entre les pratiques professionnelles et familiales des hommes et des femmes - aux uns, l'activité professionnelle et un investissement lourd dans la sphère publique (heures supplémentaires, activités syndicales, etc.), aux autres, l'assignation prioritaire au statut de mères « femme au foyer », assumant la totalité des responsabilités domestiques et éducatives avec, au mieux, quelques années d'activité professionnelle avant, et éventuellement après, les années de maternité et de prise en charge de l'éducation des enfants.

 

      La femme est donc soumise et exclue de la sphère professionnelle. La société évoque son intérêt pour la famille et uniquement pour celui-ci. C’est seulement pour cette raison qu’elle sait lire afin de fixer les bases de la religion et la morale par l’éducation des futures générations.